• Les differentes etapes historiques de l'armee durant le mandat de Bechara el-Khoury

     

    Le mandat Bechara el-Khoury (1943-1952):<o:p></o:p>

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    -24 fevrier 1944 : Armee :<o:p></o:p>

    Riad el-Solh declare que la France a admis le principe du transfert de l’armee et les entretiens ont commence « dans un climat de confiance mutuelle ».<o:p></o:p>

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    -3 avril 1944 : Rappel du black-out :<o:p></o:p>

    La Defense passive rappelle aux citoyens que, sous peine de sanctions penales, le black-out doit etre observe sur l’ensemble du territoire. Il est actuellement impose de 19h40 a 5h25.<o:p></o:p>

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    -18 juin 1944 : Un bataillon libanais remis a l’Etat :<o:p></o:p>

    Au cours d’une ceremonie au stade municipal, et en application d’un protocole conclu le 15 du mois avec la France, le chef de l’Etat recoit des mains du colonel Chehab, le drapeau libanais et celui du 3e Bataillon de Chasseurs, commande par le colonel Jamil Lahoud, que venait de lui remettre le Delegue General Beynet. Les francais doivent aussi remettre aux libanais un peloton de vehicules militaires munis d’armes automatiques. Ce premier bataillon passe sous commandement national est peu apres charge du maintien  de l’ordre suite a des incidents dans le Nord.<o:p></o:p>

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    -7 juillet 1944 : La Surete Generale remise aux libanais :<o:p></o:p>

    Le protocole portant sur le transfert aux gouvernements libanais et syrien des services de la Surete Generale est signe a Sofar par Riad el-Solh et Salim Takla pour le Liban, Saadallah Jabri et Jamil Mardam pour la Syrie et, pour la France, par Yves de Chataigneau, Delegue General par interim.<o:p></o:p>

    Du fait de la poursuite de la guerre, la Surete aux Armees continue a relever des autorites francaises et s’occupera exclusivement de la securite des troupes alliees. La Surete Generale, preposee a la securite du territoire national, passe definitivement sous le contrôle respectif des libanais et des syriens.<o:p></o:p>

    Le 15 juillet, le drapeau libanais est hisse au cours de ceremonies sur les postes de la Surete etablis aux frontieres avec la Syrie et la Palestine. L’Etat est represente par les mohafez du Liban-Nord et de la Bekaa a la ceremonie a la frontiere syrienne, et par celui du Liban-Sud et le directeur general de la police a celle du poste-frontiere de Nakoura.<o:p></o:p>

    A Beyrouth, le president du Conseil assiste au transfert de la Direction centrale de la Surete. Il est decide de maintenir pour le moment la separation entre les services de la Surete et ceux de la Police.<o:p></o:p>

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    -18 juillet 1944 :<o:p></o:p>

    Creation de l’etat-major des Forces de Securite Interieure.<o:p></o:p>

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    -19 juillet 1944 : Arrestations au Nord :<o:p></o:p>

    Les gendarmes procedent le 19 a des arrestations suite a des incidents entre Becharre et Zghorta. Le 29, une commission est chargee de fixer les droits de Becharre et d’Ehden sur des biens indivis, sources de conflits.<o:p></o:p>

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    -18 aout 1944 : Levee du black-out :<o:p></o:p>

    Apres de longs mois de penombre et d’anxiete du fait de la guerre, le black-out est leve a partir du 18 sur toute l’etendue du territoire.<o:p></o:p>

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    -27 decembre 1944 :<o:p></o:p>

    Suppression de la Defense passive.<o:p></o:p>

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    -29 janvier 1945 : Manifestations en faveur d’une armee nationale:<o:p></o:p>

    Dans une ville aux commerces fermes, des etudiants de tous les etablissements manifestent en faveur du transfert de l’armee. Chantant l’hymne national et arborant des drapeaux et des calicots portant « Pas de liberte ni d’independance sans armee », ils defilent dans la discipline devant le Parlement, Place des Canons et devant le Serail ou le chef du gouvernement leur affirme que le gouvernement a engage des negociations pour le transfert de l’armee.<o:p></o:p>

    Le lendemain, les etudiants annoncent l’arret de leurs manifestations et des affiches sur les murs de la ville convient les commercants a rouvrir leurs portes.<o:p></o:p>

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    -21 fevrier 1945 :<o:p></o:p>

    Abolition de l’assurance obligatoire contre risques de guerre.<o:p></o:p>

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    -27 fevrier 1945 : Le Liban en etat de guerre avec l’Allemagne et le Japon :<o:p></o:p>

    La Chambre adopte a l’unanimite une motion d’Emile Lahoud, ainsi concue : « La Chambre approuve la demande du gouvernement de declarer la guerre a l’Allemagne et au Japon ».<o:p></o:p>

    Le president du Conseil, Karame, avait demande de considerer le Liban en etat de guerre avec l’Allemagne et le Japon au cours d’une seance parlementaire a laquelle assistaient 47 deputes dont les membres du gouvernement. Il avait dit qu’en cas d’approbation, le Liban se considererait en etat de guerre avec l’Allemagne et le Japon a partir du 27 fevrier.<o:p></o:p>

    La seance est levee apres que la Chambre eut aussi adopte une motion de Habib Abi-Chahla demandant au gouvernement d’entreprendre avec les Allies des demarches pour faire participer le Liban aux conferences ayant pour objet l’organisation de la paix, comme la conference de San Francisco.<o:p></o:p>

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    -1er avril 1945 :<o:p></o:p>

    Suite a l’abolition de la Defense passive, plus de sirenes d’alarme.<o:p></o:p>

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    -24 avril 1945 : Mise en garde au PC et au PPS :<o:p></o:p>

    Suite a la repetition d’incidents entre membres du PC et du PPS, le chef du gouvernement adresse une mise en garde officielle a ces deux partis, les avisant de sa determination a reprimer par la force toute atteinte a l’ordre public.<o:p></o:p>

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    -24 avril 1945 :<o:p></o:p>

    Manifestations de joie a la suite de l’annonce de la chute de Berlin.<o:p></o:p>

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    -30 mai 1945 : Creation d’une Garde Nationale de 5000 hommes :<o:p></o:p>

    Sur proposition d’une commission de techniciens militaires, approuvee par le Conseil des ministres, le chef de l’Etat signe un decret portant creation d’une armee nationale de 5000 officiers et hommes, baptisee Garde Nationale (Al Harass al Watani).<o:p></o:p>

    La conscription, d’une duree de deux ans, est ouverte a tout libanais age de 18 a 35 ans, non condamne pour fait infamant ni poursuivi pour crime ou delit. Les engagements sont recus des le 31 mai au siege de la gendarmerie a Beyrouth et en province aux sieges des sections de la gendarmerie.<o:p></o:p>

    Les officiers de la Garde Nationale seront choisis parmi ceux de la gendarmerie. En cas de besoin, il sera fait appel a d’anciens officiers de la gendarmerie ou a des officiers demobilises ayant appartenu a d’autres armees regulieres.<o:p></o:p>

    Lors de sa seance du 22 mai, la Chambre avait vote a l’unanimite des credits de 5 millions de livres au titre de la Defense nationale. Le vote avait ete suivi de l’hymne national, entonne par l’Assemblee et le public. Le 29, la Chambre vote des taxes dites de l’armee, portant sur le courrier postal, le tabac, l’essence… Les deputes par ailleurs donnent un mois de leur traitement a la Defense.<o:p></o:p>

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    -4 juin 1945 :<o:p></o:p>

    5000 fusils livres par Londres pour armer la Garde Nationale.<o:p></o:p>

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    -8 juillet 1945 : Paris accepte le transfert des Troupes Speciales :<o:p></o:p>

    Le Delegue General Paul Beynet annonce que la France a accepte le transfert des Troupes Speciales, formees d’autochtones, aux gouvernements du Liban et de Syrie. Les modalites du transfert seront fixees dans les 45 jours.<o:p></o:p>

    Des le 1er du mois, le climat s’etait detendu avec l’arrivee du comte Ostrorog, venu negocier avec Beyrouth et Damas. N’ayant obtenu ni une conference des Cinq Grands ni une commission d’enquete de l’ONU, du fait de l’opposition americaine et britannique, la France a cede. Le 9, libanais et syriens confient a une commission technique la prise en charge dans chaque pays des troupes qui en relevent. Le 17, un etat-major franco-libano-syrien est constitue pour ce transfert dont la date est fixee au 1er aout.<o:p></o:p>

    Fouad Chehab chef de la Milice, et creation de la Surete Generale :<o:p></o:p>

    Le 26 juillet, un decret organise la Milice et la Gendarmerie et un autre cree une Surete Generale. Aux termes du premier decret :<o:p></o:p>

    1-Un poste de chef d’etat-major est cree au ministere de la Defense. Le poste est confie au colonel Sleiman Naufal.<o:p></o:p>

    2-Le colonel Fouad Chehab est nomme commandant en chef de la Milice.<o:p></o:p>

    3-La Police est separee de la Gendarmerie. Le lieutenant-colonel Noureddine Rifai, promu colonel, devient commandant de la Gendarmerie.<o:p></o:p>

    4-Le lieutenant-colonel Georges Najjar est inspecteur de la Gendarmerie.<o:p></o:p>

    5-Le lieutenant-colonel Fawzi Traboulsi, promu colonel, est mis a la disposition du ministere de la Defense.<o:p></o:p>

    Le deuxieme decret cree une Surete Generale au sein du ministere de l’Interieur. Edouard Abou Jaoude, chef de la police judiciaire, en est designe directeur.<o:p></o:p>

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    -30 juillet 1945 : Le colonel Fawzi Traboulsi echappe a un attentat :<o:p></o:p>

    Accompagne de son frere Henri, le colonel Fawzi Traboulsi rentrait la nuit a Deir el-Kamar lorsqu’il fait l’objet d’un attentat a proximite de Damour.<o:p></o:p>

    Arrete par un barrage de pierres, l’officier descend de sa voiture. « Qui es-tu ? » lui crie une voix dans l’obscurite. Il decline son identite. Pas de reponse. Il va remonter en voiture quand eclatent des coups de feu et une balle se loge dans la voiture. Le frere de l’officier se jette dans un ravin et se brise la jambe. Les assaillants se ruent alors sur la voiture, tentent de la renverser puis se retirent. Des recherches sont aussitôt declenchees pour retrouver les coupables qui, curieusement ont epargne l’officier et son frere et n’ont pas cherche a les devaliser.<o:p></o:p>

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    -1er aout 1945 : Naissance de l’armee : le drapeau libanais hisse sur la Defense :<o:p></o:p>

    Au cours d’une ceremonie officielle, le drapeau libanais est hisse sur le batiment du ministere de la Defense nationale, sis pres du Musee, apres avoir ete remis par le chef de l’Etat au commandant de l’armee, le colonel Fouad Chehab.<o:p></o:p>

    Cette ceremonie qui se deroule en presence des ministres, des deputes, des representants de la presse et de nombreuses notabilites marque solennellement la prise en charge par le gouvernement des forces armees nationales et de leurs installations. Elle est suivie d’une revue de ces forces sous la presidence du chef de l’Etat. La date du 1er aout devient celle de la Fete de l’Armee.<o:p></o:p>

    A la Chambre reunie en session extraordinaire, Henri Pharaon, ministre des Affaires Etrangeres, annonce l’achevement des operations de transfert des Troupes Speciales et formule l’espoir que les dernieres forces d’occupation quitteront bientôt le pays.<o:p></o:p>

    Le 1er janvier 1946, le commandement de l’armee decidera d’adopter la langue arabe dans l’administration militaire et charge une commission de la traduction des notes et dossiers.<o:p></o:p>

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    Genese de l’armee : de la Legion d’Orient aux Troupes Speciales :<o:p></o:p>

    La genese de l’armee libanaise remonte a la guerre de 1914-1918 quand les habitants du Mont-Liban et de Syrie, engages dans les rangs allies, formerent la Legion d’Orient ou furent aussi admis des armeniens. La Legion est organisee d’abord a Port-Said puis a Chypre et Rouad, au fur et a mesure de la liberation des territoires.<o:p></o:p>

    La Legion est rebaptisee fin 1919 Troupes Auxiliaires, formees de recrues des regions sous mandat francais et groupant environ 5000 hommes. De l’Ecole Militaire de Damas, creee en 1923, sortent des officiers surtout libanais pour encadrer ces troupes aux cotes d’officiers francais.<o:p></o:p>

    En 1923, ces troupes deviennent les Troupes Suppletives du Levant, puis par arrete du 20 mars 1930, les Troupes Speciales. Speciales car leur statut est particulier : elles ne peuvent pas en effet etre engagees hors du Liban ou de la Syrie.<o:p></o:p>

    Les chasseurs du Liban :<o:p></o:p>

    1930 voit aussi la naissance de deux bataillons appeles Chasseurs du Liban (il y en aura un troisieme en 1939). Ils groupent alors libanais et syriens sans distinction.<o:p></o:p>

    Relevant du commandement francais et reparties entre les cinq regions militaires du Levant, elles comprennent des unites d’infanterie, d’artillerie et de cavalerie. Dissoutes par les autorites vichystes, elles sont retablies le 9 aout 1941 par Catroux qui les reorganise. A partir du 28 novembre 1941, les francais se chargent seuls du recrutement, vu l’indiscipline d’officiers libanais gagnes a l’independance.<o:p></o:p>

    En mars 1945, les Troupes Speciales groupent 400 officiers, 2000 sous-officiers et 18000 hommes repartis dans les trois brigades de la division cotiere : la 5e (stationnee a Beyrouth, Dbayeh, Marjeyoun et Hammana), la 6e (Tripoli et Tell Kalakh) et la 7e, syrienne, stationnee entre Lattaquie et Tartous.<o:p></o:p>

    Les forces libanaises et syriennes sont separees en 1945 apres le transfert des troupes locales aux gouvernements de Beyrouth et de Damas.<o:p></o:p>

    Maintien de l’ordre et pacification :<o:p></o:p>

    Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les unites libanaises sont utilisees dans des actions de maintien de l’ordre, de pacification, de secours aux populations. Parmi ces actions, celles d’Aramoun en 1926 contre une bande qui devalisait les voitures entre Beyrouth et Saida, contre la tribu des Dandache la meme annee, contre des bandits de fevrier a avril 1927 dans la region de Akkar-Denniyeh, une operation de pacification a Zghorta en 1928 et de nouveau contre les Dandache de mars a mai 1929.<o:p></o:p>

    Les commandements militaires pouvaient recourir en cas de troubles graves aux contingents de la Gendarmerie, de la Police et de la Surete Generale.<o:p></o:p>

    Gendarmerie :<o:p></o:p>

    Heritee des ottomans et de l’ere des moutassarrifs, elle est reorganisee par arrete du 20 septembre 1920 et recoit des instructeurs francais, en 1923 au Grand-Liban et en 1926 en Syrie. Une ecole de gendarmerie s’installe a Baabda. En janvier 1932 est creee une brigade motocycliste chargee de la circulation routiere hors des circonscriptions municipales. En 1943, on comptait 1800 officiers, sous-officiers et gendarmes. De 1920 a 1945, la gendarmerie eut huit commandants libanais, dont le brigadier Noureddine Rifai en 1945.<o:p></o:p>

    Surete Generale :<o:p></o:p>

    Placee sous l’autorite du Haut-Commissaire qui l’exerce par le biais d’un directeur, elle comprenait une direction generale a Beyrouth, un commissariat special au Port et des postes frontaliers a Tripoli et a Nakoura.<o:p></o:p>

    Police :<o:p></o:p>

    Elle fut commandee par des libanais sous contrôle francais. Au terme de deux conferences en 1927 a Saida et Jerusalem, une convention est signee entre les polices libanaise, syrienne, palestinienne, irakienne et egyptienne. Une ecole de police est creee en 1928 a Beyrouth.<o:p></o:p>

    Gendarmerie, Surete Generale et Police jouerent de 1930 a 1940, un important role dans la lutte contre les malfaiteurs, le trafic de drogue, la prostitution et la surveillance des agents politiques de l’etranger, notamment communistes.<o:p></o:p>

    L’Ecole Militaire de Fayadieh :<o:p></o:p>

    En 1932, l’Ecole Militaire de Damas est transferee a Homs ou, en 1945, les cadets resistent heroiquement aux attaques des nationalistes syriens. Cela leur vaut la Croix de Guerre, materialisee par la fourragere jaune que les eleves officiers libanais portent jusqu'à nos jours a l’epaule droite.<o:p></o:p>

    Suite au transfert de l’Ecole de Homs aux syriens, les contingents libanais rentrent le 15 aout 1946. Ils s’installent a Kousba puis a Baabda avant de gagner definitivement le 14 novembre 1946, la caserne Choucri Ghanem a Fayadieh.<o:p></o:p>

    Tous les chefs de l’armee et de la Gendarmerie sortiront de l’Ecole de Fayadieh dont les nouveaux batiments seront inaugures le 1er janvier 1952 et ou les promotions d’officiers se deroulent chaque 1er aout.<o:p></o:p>

    Quelques reperes :<o:p></o:p>

    -L’Ecole militaire de ski est inauguree aux Cedres durant l’hiver 1934-1935.<o:p></o:p>

    -Le nouveau Tribunal Militaire de Beyrouth est inaugure en fevrier 1937.<o:p></o:p>

    -Le nouveau Cercle des Officiers de Beyrouth est inaugure le 8 janvier 1938 par le general Huntziger, en presence du president Edde, des ministres et du Haut-Commissaire Damien de Martel.<o:p></o:p>

    -La premiere liaison automobile Baalbeck-Tripoli via les Cedres est effectuee le 18 aout 1938 par le general Caillaud, commandant des Troupes du Levant, accompagne du general Barbe, commandant le territoire du Liban. La route avait ete construite par deux bataillons de la Legion.<o:p></o:p>

    Des officiers nationalistes :<o:p></o:p>

    Le 26 juillet 1941, a l’appel du capitaine Jamil Lahoud, des officiers signent un document s’engageant sur l’honneur a ne plus accepter de servir « que pour le Liban et sous sa banniere. Aucune relation ne nous attachera qu’a son gouvernement national ».<o:p></o:p>

    Ont signe :<o:p></o:p>

    Les commandants Fouad Chehab, Toufic Salem et Zahrane, les capitaines Jamil Chehab, Ghattas Labaki, Youssef el-Khoury, Adel Chehab, Jamil Lahoud, Jean Ghazi, Wadih Nassif et Kawas, les lieutenants Iskandar Ghanem, Wagih Karam, Henri Ghazi, Raphael, Michel Naufal, abdel-Kader Chehab, Darazi, Antranik, Saadallah Hajjar, Joseph Harb, Kodais, Raymond Hayek, Samaha, Aram Soloukjian, Hammad, Mansour Lahoud, Farah, Jamil Houssamy, Fouad Lahoud, Gaspard, Abou Taka, Roustom, Zouein, Georges Maalouf, Kegam Mouradian, Doubine, Yazbeck, Arackji et Said Khoury.<o:p></o:p>

    Les officiers musulmans sont au depart francophobes.<o:p></o:p>

    Dans un rapport du 18 aout 1944, le chef de l’etat-major francais note que le chef de bataillon Jamil Lahoud « n’a pas cesse de montrer ouvertement qu’il prend fait et cause pour le gouvernement actuel en faveur duquel il fait sans relache une propagande active au sein de la troupe qu’il commande…Quant au lieutenant-colonel Salem, chef d’etat-major de la 5e Brigade, il fait montre de veritable francophobie ».<o:p></o:p>

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    -26 septembre 1945 : Debarquement avorte de sionistes :<o:p></o:p>

    La gendarmerie procede a l’arrestation d’une vingtaine de juifs sionistes, debarques clandestinement par un voilier dans la region du Phare de Beyrouth. Deux jours plus tard, une vedette transportant une quarantaine de candidats a l’immigration clandestine, en Palestine cette fois, est arraisonnee par la police des mers entre Saida et Tyr.<o:p></o:p>

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    -2 octobre 1945 : Tribunal Militaire libanais :<o:p></o:p>

    La Chambre vote le projet de loi portant sur la creation d’un tribunal militaire libanais et leve toute restriction a la libre circulation des vehicules, jusqu’alors reglementee du fait du rationnement du carburant. 28 deputes, soit le minimum requis, assistaient a la seance. Le premier Tribunal Militaire est cree le 11 suite a l’affaire du depute Kazoun.<o:p></o:p>

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    -3 octobre 1945 : La censure militaire partillement abolie :<o:p></o:p>

    Un communique de l’Interieur annonce que les correspondances de presse vers ou de l’etranger ainsi que les matieres destinees a etre publiees dans les journaux n’ont plus a etre soumises au censeur militaire britannique.<o:p></o:p>

    Le bureau de la censure militaire britannique sera transforme en Service de liaison pour la Presse, qui n’aura pas pour mission de censurer les journaux mais d’emettre un avis sur l’opportunite de publication de certaines matieres dans le pays et a l’etranger.<o:p></o:p>

    La censure militaire reste maintenue sur les mouvements et activites des forces alliees au Moyen-Orient et de leurs chefs, sur les deplacements et entretiens du commandant en chef des armees du Moyen-Orient, sur les informations susceptibles de compromettre la securite militaire ou d’affaiblir le moral des troupes alliees, celles relatives a des troubles parmi les troupes alliees au Liban ou a l’etranger, a la securite interieure des pays dont dependent ces troupes et sur les nouvelles relatives a la demobilisation de ces troupes.<o:p></o:p>

    Le ministere prie la presse de s’abstenir de violentes critiques a l’adresse des puissances etrangeres, quelles qu’elles soient.<o:p></o:p>

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    -10 octobre 1945 : Le depute Rifaat Kazoun arrete en flagrant delit de contrebande d’armes :<o:p></o:p>

    Peu avant minuit, Rifaat Kazoun, depute de la Bekaa, se dirige a bord de sa voiture officielle (plaque numero 62) vers le village de Bar-Elias. Avec son chauffeur Abdallah Khoury Yazbeck, se trouve un homme de confiance, cheikh Ahmad Jenbieh.<o:p></o:p>

    A Mdeirege, la voiture qui porte le fanion libanais est arretee par une patrouille de la police militaire britannique. Prie de descendre du vehicule, Kazoun refuse. Une altercation l’oppose aux agents qui veulent fouiller la voiture. La discussion degenere en bagarre. Le depute recoit des coups et met alors pied a terre.<o:p></o:p>

    Un arsenal dans le coffre :<o:p></o:p>

    La voiture est minutieusement fouillee : 16 fusils de guerre de divers modeles et 2800 cartouches sont decouverts dans le coffre. La patrouille britannique entre en communication avec la Surete Generale libanaise qu’elle prie d’envoyer une escouade fouiller le domicile de Kazoun a Bar-Elias. 19 fusils de guerre y sont trouves ainsi que deux caisses de munitions. La patrouille remet alors le depute aux agents de la Surete. Ramene a Beyrouth, il est place en garde a vue en son domicile.<o:p></o:p>

    Le lendemain, au terme d’une reunion au ministere de l’Interieur, un mandat d’arret est decerne contre Rifaat Kazoun qui est ecroue a l’infirmerie de la prison des Sables. Le mandat d’arret est issu sur base de l’article 40 de la Constitution qui permet l’arrestation provisoire d’un depute en cas d’un flagrant delit.<o:p></o:p>

    L’affaire suscite une vive emotion dans les milieux politiques et populaires. Les rumeurs circulent sur l’origine et la destination des armes. Selon Kazoun, ces armes appartiennent a son beau-pere, le notable alaouite Ibrahim Kinge. Ils les transportaient de son domicile a Beyrouth a Bar-Elias pour les rendre a leur proprietaire. Leur destination finale reste inconnue.<o:p></o:p>

    Constitution d’un Tribunal Militaire :<o:p></o:p>

    Le 11, le Conseil des ministres decide la constitution d’un Tribunal Militaire pour juger Kazoun. Il comprend trois juges militaires et deux civils, le procureur general Assef Raad et le juge d’instruction Abdel-Aziz Chehab.<o:p></o:p>

    Le 12, des tracts, distribues a Beyrouth, dementent les rumeurs selon lesquelles les armes etaient destinees aux sionistes. Des partisans de Kazoun circulant a bord de camions et reclamant sa remise en liberte sont disperses. Le meme jour, pour pouvoir juger Kazoun, le gouvernement demande la levee officielle de son immunite que la Chambre vote le 13 a l’unanimite. Mohammed Abboud, Abdallah el-Yafi et Georges Akl se sont abstenus. Ce dernier ayant conteste le droit a une autorite etrangere de se livrer a des operations de police, un communique officiel precise que « l’intervention de la patrouille britannique a eu lieu a la demande du gouvernement et conformement a des renseignements que le gouvernement possedait ».<o:p></o:p>

    Le 30 octobre, le Conseil des ministres accede a la demande de Habib Abi-Chahla qui s’est charge de defendre Kazoun et decide sa remise en liberte sous caution de 10000 livres. Des points restant a eclaircir sur la provenance et la destination des armes saisies, un communique officiel destine a mettre un terme a des rumeurs persistantes, precise que « l’enquete n’a pas etabli un lien quelconque entre Kazoun et le sionisme ».<o:p></o:p>

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    -11 octobre 1945 : Avions a usage militaire :<o:p></o:p>

    Le Conseil des ministres decide l’achat de 7 avions a usage militaire et civil pour l’enseignement du pilotage. Le 18, est decidee la creation d’une ecole d’aviation militaire qui sera installee a Rayak.<o:p></o:p>

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    -16 octobre 1945 : Le budget 1946 : 58.4 millions de livres :<o:p></o:p>

    Le Conseil des ministees acheve l’examen du projet du Budget pour 1946 qui porte sur 58.4 millions (contre 46 en 1945) dont 19 millions a la Defense (contre 5 en 1945).<o:p></o:p>

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    -2 novembre 1945 : Attentat manque contre le chef de l’Etat ?<o:p></o:p>

    Le president Bechara el-Khoury a-t-il echappe a un attentat ? Alors qu’en compagnie de son epouse, il se rendait dans la nuit de vendredi a samedi a Broummana, un membre de son escorte apercut dans les bois au-dessus de Dekouaneh, un individu en embuscade arme d’un fusil. Somme de jeter son arme et de s’approcher, l’inconnu qui etait en compagnie d’un autre individu prit la fuite non sans avoir riposte aux tirs des gendarmes. Le convoi poursuivit sa route. Les recherches pour retrouver les deux hommes furent vaines.<o:p></o:p>

    La presse abondant en speculations, le gouvernement publie le lendemain un communique laconique relatant les circonstances de l’incident et cherchant a en attenuer l’importance.<o:p></o:p>

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    -3 novembre 1945 :<o:p></o:p>

    Beyrouth prend en charge la police du Port.<o:p></o:p>

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    -11 novembre 1945 : « A l’ecart de la vie publique, l’armee doit aussi eduquer et construire », declare le colonel Chehab dans une interview :<o:p></o:p>

    Dans une interview a la presse, le colonel Fouad Chehab, commandant de la nouvelle armee, expose sa vision du role de l’institution militaire.<o:p></o:p>

    Apres avoir fait l’historique des forces armees, l’officier souligne que lorsqu’il a pris en charge la troupe, en aout dernier, elle etait composee de soldats tres jeunes ou ages, dotes de materiel usage et vieux. Son premier objectif fut de reorganiser l’armee. Cet objectif, dit-il, est aujourd’hui atteint et « l’armee dispose a present de tous les services necessaires a sa vie propre et independante et commence a s’adapter aux besoins propres du pays ».<o:p></o:p>

    Selon Chehab, le territoire national a ete divise en secteurs et chaque secteur a recu ses chefs et ses troupes. Des missions ont ete confiees a ces troupes dont leur collaboration a la lutte contre la contrebande, a la destruction du haschich, a la surveillance des frontieres…Il admet que ces travaux ne font pas partie en general du role du soldat mais il note qu’il n’y eut pas de grogne au sein de la troupe dont il souligne « l’esprit magnifique et la discipline sans pareille ».<o:p></o:p>

    Parlant des objectifs a long terme de l’armee, Chehab declare qu’elle espere servir a l’amelioration du recrutement au sein de la Police et de la Gendarmerie. « Ainsi, dit-il, arriverons-nous a la solution de ne voir un civil devenir gendarme et policier qu’apres avoir effectue un service volontaire d’une certaine duree. L’armee compte aussi ameliorer l’etat physique de la nation en formant des moniteurs d’education physique, de ski, d’alpinisme et en creant des camps de jeunesse…Enfin a certaines epoques, abandonnant le fusil, le soldat pourra prendre l’outil et participer massivement au reboisement de nos montagnes, aux travaux des hydrauliciens et a tous ceux d’utilite publique… ».<o:p></o:p>

    Mais le colonel se presse d’ajouter qu’il faut d’abord laisser l’armee se parfaire. « Ce n’est que lorsqu’elle aura de bons fantassins, de bon artilleurs, voire de bons aviateurs qu’elle pourra se lancer dans la tache qu’elle ambitionne d’accomplir : eduquer et construire ».<o:p></o:p>

    En conclusion, Chehab demande le moins de publicite autour de l’armee qui « doit vivre en marge de la vie publique. C’est une sorte de sacerdoce. Un haut ideal de service et d’abnegation doit y etre maintenu et cela ne va pas sans un isolement. Pas de publicite donc a moins de relater un exploit extraordinaire.<o:p></o:p>

    Naufal en faveur du service militaire :<o:p></o:p>

    De son cote le chef de l’etat-major, le colonel Sleimane Naufal, declare que « pour le moment, nous n’envisageons pas de créer une marine et une aviation. Cela couterait trop cher. Mais peut-etre qu’a l’avenir, nous pourrions envisager d’en former un embryon ». Il se dit favorable au service militaire obligatoire, « element d’union nationale et moyen de rapprochement des classes et des milieux. C’est egalement une ecole d’education civique ».<o:p></o:p>

    Parlant du commandement, Naufal indique que le chef des forces armees est le chef de l’Etat. Mais n’etant pas responsable, il s’en remet du point de vue parlementaire a un ministre et du point de vue technique a un commandant en chef et a un chef de l’etat-major general qui, dit-il, « est l’inspecteur permanent de toutes les forces armees. Le chef de l’Etat et le ministre ne peuvent concevoir et preparer les questions techniques, c’est le chef d’etat-major qui le fait. Il soumet son travail au ministre qui remet ses decisions au commandant en chef des troupes…Tout cela suppose une collaboration intime et une veritable amitie entre les divers chefs ».<o:p></o:p>

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    -22 novembre 1945 : 22 novembre, Fete de l’Independance :<o:p></o:p>

    La date du 22 novembre est definitivement adoptee comme Fete de l’Independance et la journee est marquee par des receptions et un defile de troupes Place des Canons, en presence du chef de l’Etat. Des manifestations populaires se deroulent dans toutes les regions du pays.<o:p></o:p>

    A cette occasion, la Medaille du Devouement Patriotique creee le 20 est decernee au president et a son epouse, aux prisonniers de Rachaya, aux resistants de Bchemoun, a Sabri Hamade, a Sami el-Solh, Henri Pharaon, Mohammad el-Fadl, Saeb Salam, Rachid Baydoun, Maroun Kanaan, au colonel Fawzi Traboulsi, aux dignitaires religieux, a la Chambre, a la Presse, aux Associations feminines, aux Phalanges, aux Najjades et aux martyrs et blesses de novembre 1943.<o:p></o:p>

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    -3 janvier 1946 : Pour une Armee de l’Air :<o:p></o:p>

    Le gouvernement demande au ministre des Finances d’inscrire au budget de la Defense un credit additionnel de 785515 livres, destine a couvrir les frais de creation d’une ecole d’aviation et le cout de 7 avions. Cinq des appareils seront affectes a une unite militaire aerienne a créer et les deux autres au deplacement des personnalites politiques officielles entre le Liban et les pays voisins. Le 29, la commission parlementaire des Finances, a la demande de Abdallah el-Yafi et Philippe Takla, refuse ce credit et renvoie le projet au gouvernement.<o:p></o:p>

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    -6 janvier 1946 : Les gendarmes s’installent a Zghorta :<o:p></o:p>

    Soutenus par des blindes, des gendarmes sont envoyes en force a Zghorta ou des incidents sanglants entre les familles rivales des Frangieh et des Mouawad ont fait un tue et plusieurs blesses. Les forces de l’ordre s’interposent pour eviter de veritables batailles rangees. Le colonel Rifai, chef de la gendarmerie, se rend sur place pour tenter de calmer les esprits. Apres une accalmie, les incidents reprennent le 26, obligeant les gendarmes a s’installer pour longtemps dans la localite et ses environs.<o:p></o:p>

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    -Fevrier 1946 : Forces aeriennes :<o:p></o:p>

    Le gouvernement retransmet a la Chambre un projet de loi sur un budget de 600000 livres pour créer une ecole d’aviation et une aviation militaire. Le projet avait ete renvoye par la commission des Finances fin janvier.<o:p></o:p>

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    -1er mars 1946 : Echec aux clandestins :<o:p></o:p>

    Une quarantaine d’immigres clandestins en Palestine, venant de Beyrouth, Alep et Damas, sont arretes le 1er a cent metres de la frontiere. « Nous recommencerons », disent-ils aux agents de la Surete.<o:p></o:p>

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    -31 juillet 1946 : Bataille rangee a Ehden : un lieutenant tue :<o:p></o:p>

    Au cours d’une bataille entre habitants d’Ehden et gendarmes, le lieutenant Nagib Zaatar est tue et 14 personnes blessees dont 3 gendarmes. La bataille a eclate lorsque des gendarmes tenterent d’arreter Racho Takriti, contrebandier notoire, qui traversait la place d’Ehden avec des membres de la famille Mouawad. Les amis de Takriti ayant roue de coups les representants de l’ordre, le lieutenant Zaatar, chef du poste de gendarmerie, arriva sur les lieux.<o:p></o:p>

    Entoure aussitôt d’une foule hostile, il ordonne a ses hommes de tirer en l’air pour le degager. Mais au tir des gendarmes repond un feu nourri qui les vise. C’est bientôt la bataille rangee. Les balles s’abattent sur les gendarmes a partir des fenetres et l’une atteint a la poitrine le lieutenant qui est tue sur le coup. Les tirs font egalement 14 blesses dont 3 gendarmes.<o:p></o:p>

    Des renforts finissent par retablir le calme. Takriti et ses acolytes sont arretes et l’affaire est deferee devant la Cour de justice qui est reactivee.<o:p></o:p>

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    -29 aout 1946 : Pas d’avions militaires :<o:p></o:p>

    Faute de credits, le gouvernement refuse l’achat d’avions militaires, comme l’a demande le ministre de la Defense, Magid Arslane.<o:p></o:p>

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    -6 septembre 1946 :<o:p></o:p>

    Nasser Raad remplace Izzat Khourchid a la Direction de la Police.<o:p></o:p>

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    -7 novembre 1946 :<o:p></o:p>

    Remise des dernieres casernes par les francais a l’armee.<o:p></o:p>

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    -1er decembre 1946 : Plus de bedouins a Hazmieh :<o:p></o:p>

    A la suite de la signalisation de plusieurs vols, tous les bedouins installes dans la region de Hazmieh sont refoules vers la Bekaa, a la demande du mohafez du Mont-Liban.<o:p></o:p>

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    -16 decembre 1946 :<o:p></o:p>

    Fouad Chehab, chef de l’armee, promu general.<o:p></o:p>

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    -21 decembre 1946 : 15 jours de prison pour Kazoun :<o:p></o:p>

    Le Tribunal Militaire rend son verdict dans l’affaire du depute Rifaat Kazoun, apprehende en octobre 1945 pour trafic d’armes de guerre et remis en liberte sous caution. Le depute est condamne a 15 jours de prison, 100 livres d’amende et interdiction de port d’armes durant trois ans.<o:p></o:p>

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    -19 fevrier 1947 : Eleves-aviateurs :<o:p></o:p>

    Le gouvernement alloue des bourses a Salim Rizk, Salim Trad, Adnan Ramadan et Husni Badawi qui suivent des cours de pilotage a l’etranger. Le depute Georges Akl avait demande une semaine auparavant la creation d’une modeste marine nationale et d’une aviation militaire.<o:p></o:p>

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    -28 fevrier 1947 : Radio clandestine :<o:p></o:p>

    Un communique officiel fait etat d’un « poste de TSF clandestin qui emet de preference le soir vers 20h30 sur onde moyenne de 450 m et mene une campagne contre le regime. Le poste est en territoire libanais ». Bien que le communique ne le dise pas, il releverait, selon la presse, du PPS.<o:p></o:p>

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    -4 mars 1947 : 17 tues dans une fusillade a Tripoli lors de l’arrivee de Fawzi Kaoukji :<o:p></o:p>

    De sanglants incidents eclatent a Tripoli lors de l’arrivee du leader de la revolte palestinienne, Fawzi Kaoukji, originaire de la ville ou il n’etait pas revenu depuis pres d’un quart de siecle. La fusillade fait 14 tues et 48 blesses dont 3 succomberont a leurs blessures. L’affaire est deferee en Cour de justice.<o:p></o:p>

    En matinee, la foule avait envahi l’entree de Tripoli pour accueillir Kaoukji, arrive le 2 du Caire a Beyrouth ou il fut recu, en compagnie de Abdel-Hamid Karame, par le chef de l’Etat. Arrive a 11h, le cortege des deux hommes se fraye difficilement un passage parmi les masses. Le service d’ordre est deborde et le desordre indescriptible. Soudain, devant le cafe Mariette Pacha, eclate une fusillade. Des gens tombent. Les gendarmes tirent en l’air puis sur les gens armes. Quand l’armee retablit l’ordre, on compte 14 tues et 48 blesses dont 3 vont mourir.<o:p></o:p>

    Selon l’enquete, une discussion avait eclate entre Mazhar Omari, homme des Karame et Mohammad Hantour, partisan des Mokaddem. Une altercation s’ensuivit. Omari braque une mitraillette sur Hantour qui, plus rapide, l’abat. Omari tombe en dechargeant son arme. La fusillade se declenche.<o:p></o:p>

    Kaoukji quitte Tripoli et les autorites remplacent le mohafez du Nord Abdel-Aziz Chehab par le colonel Noureddine Rifai, et demissionnent le president de la Municipalite, Moustapha Karame, frere de Abdel-Hamid. Des mandats d’arret sont lances contre les auteurs des tirs. Mais Hantour et Omari figurent parmi les tues, comme Nafez Mokaddem, fils du chef du clan Mokaddem.<o:p></o:p>

    Le 12, Hamid Frangieh, jusqu'à present allie de Solh, le critique a la Chambre. Il demande pourquoi n’ont pas ete saisies les armes exhibees la veille, pourquoi l’armee ne fut pas chargee de l’ordre, confie a 30 gendarmes quand on prevoyait 100000 manifestants. « 120 tues et blesses a Tripoli, et que fait le gouvernement ? Il designe un nouveau mohafez », dit Frangieh. Il demande une commission d’enquete parlementaire. La Chambre refuse.<o:p></o:p>

    L’inimitie Mokaddem-Karame remonte a 1935 :<o:p></o:p>

    L’hostilite entre les Mokaddem et les Karame remonte a juin 1935 lorsque Abdel-Magid Mokaddem avait frappe de sa canne Abdel-Hamid Karame, renversant sa coiffe de mufti de Tripoli. Ce dernier l’avait abattu puis s’etait livre a la justice. Defendu par Bechara el-Khoury, Karame fut acquitte pour motif de legitime defense. Les Mokaddem ne lui avaient pas pardonne ce meurtre. Le 10 decembre 1944, Karame echappa a un attentat perpetre par des inconnus, soupconnes etre des hommes aux Mokaddem. Le 19 janvier 1947, des accrochages entre les deux familles avaient fait 5 tues a Tripoli.<o:p></o:p>

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    -15 avril 1947 : Arrestation d’un terroriste sioniste :<o:p></o:p>

    Des inspecteurs arretent en son domicile a Saida un terroriste sioniste du nom de Marc Cohen qui avoue le meurtre en Palestine de quatre officiers britanniques mais refuse de livrer des noms de complices. Le 22, libanais et syriens adoptent des mesures communes pour lutter contre les espions sionistes infiltres dans les deux pays. Ces mesures portent sur une meilleure surveillance des refugies venus de Palestine et un filtrage serre aux frontieres.<o:p></o:p>

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    10 mai 1947 : Incidents aux obseques de Khaireddine Ahdab :<o:p></o:p>

    Des incidents eclatent aux obseques de l’ancien chef du gouvernement Khaireddine Ahdab, qui se deroulent a la grande Mosquee. Une cinquantaine de personnes ayant lance des cris injurieux, la police les disperse et procede a des arrestations.<o:p></o:p>

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    -Juin 1947 : 3 tues a Tripoli :<o:p></o:p>

    Des echauffourees avec les forces de l’ordre font 3 tues dont un gendarme a Tripoli ou Sabri Hamade se rend pour calmer les esprits.<o:p></o:p>

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    -26 juin 1947 : L’inspecteur irascible :<o:p></o:p>

    L’inspecteur de la Surete Adel Choucair qui, le 18 mai 1946 devant le cinema Hollywood, avait tire sur Ralph Pharaon et l’emir Fayez Chehab les blessant serieusement est condamne a mort, mais sa peine est reduite a 6 ans de travaux forces.<o:p></o:p>

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    -16 aout 1947 : Plus de haut-parleurs :<o:p></o:p>

    La Municipalite de Beyrouth interdit l’usage de haut-parleurs, sauf durant certaines ceremonies. Les gendarmes sont charges de veiller a l’application de cette mesure destinee a assurer le calme public. Sont interdits aussi les postes de radio dans les magasins et les rues.<o:p></o:p>

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    -25 aout 1947 : Le gouvernement isole Sofar et fait avorter un meeting de l’Opposition :<o:p></o:p>

    Un grand meeting de l’opposition qui devait se tenir hier dimanche au domicile de Rachid Joumblatt a Sofar n’a pas eu lieu, le gouvernement qui l’a interdit ayant totalement isole la localite des la nuit de samedi.<o:p></o:p>

    Malgre la validation des mandats des 55 deputes, l’opposition avait maintenu et amplifie sa campagne contre le Pouvoir. Le retour de Mgr Moubarak le 26 juillet au Liban, apres un periple a Paris et au Vatican, l’avait renforcee, ce dernier multipliant les contacts avec ses leaders et cherchant a y rallier l’emir Nouhad Arslane, frere du ministre de la Defense.<o:p></o:p>

    Les delegations arrivant en matinee au meeting sont arretees par des barrages de l’armee bloquant l’acces de Sofar, du cote de Chtaura et Bhamdoun. Elles rebroussent chemin. Mgr Moubarak et Pierre Gemayel, venant de Bhamdoun, sont refoules, ainsi que les personnalites venant du Kesrouane, de Tripoli, Ehden, Becharre…Nul n’est autorise durant 24h a entrer ou a sortir de Sofar ou les lignes telephoniques ont ete coupees. A l’interieur de la localite, un couvre-feu tres strict –on ne pouvait meme pas se rendre aux eglises- empeche la trentaine de personnalites venues des samedi au domicile de Abdel-Hamid Karame de se rendre a celui de Rachid Joumblatt.<o:p></o:p>

    Ces personnalites adoptent alors chez Karame des resolutions qui, rendues publiques le lendemain, reaffirment celles adoptees le 29 juin au domicile de Omar Bayhum, demandent un plan urgent de reformes et un plan quinquennal pour l’adduction d’eau, l’encouragement de la production industrielle et agricole, de l’investissement des capitaux des emigres, l’equilibre entre exportations et importations et la lutte contre la cherte de vie. Un meeting est annonce pour le 14 septembre a Tripoli.<o:p></o:p>

    Lundi matin, les forces de l’ordre levent les barrages, le couvre-feu est rapporte et la localite retrouve son visage habituel.<o:p></o:p>

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    -27 septembre 1947 : Des chiens pour la police :<o:p></o:p>

    L’emir Farid Chehab, chef de la Police judiciaire, est charge par le gouvernement d’acheter des chiens policiers entraines a Londres ou se trouve l’emir dans le cadre d’une session sur de nouvelles methodes de lutte contre la criminalite et les divers genres de trafic.<o:p></o:p>

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    -15 octobre 1947 : La Ligue arabe recommande des mesures militaires aux frontieres de la Palestine :<o:p></o:p>

    Reuni a l’hotel Tanios de Aley depuis le 8, le Conseil de la Ligue arabe publie en cloture de ses travaux un communique jugeant « necessaire que des mesures militaires soient prises a la frontiere palestinienne par les pays arabes limitrophes ».<o:p></o:p>

    Les decisions du Conseil, communiquees a l’ONU, stipulent que la Ligue estime devoir executer immediatement les decisions secretes de Bloudane si l’ONU adopte le partage de la Palestine, juge necessaire que des mesures militaires soient prises a la frontiere de la Palestine par les gouvernements des pays arabes limitrophes et recommande a ces derniers d’accorder toutes les facilites necessaires aux pays arabes non limitrophes en vue de la defense commune de la Palestine. Le Conseil decide par ailleurs de fournir une aide morale et financiere aux arabes de Palestine.<o:p></o:p>

    Le 8, le Comite supreme arabe avait tenu une reunion apres l’arrivee inopinee au Liban du Mufti de Palestine, Hajj Amine el-Husseini et du chef de la resistance arabe, Fawzi Kaoukji. Il avait examine la situation a la lumiere de la decision des britanniques d’evacuer la Palestine. Londres a en effet fait savoir que si l’une des parties au conflit refusait la solution preconisee par l’ONU, elle retirerait unilateralement ses troupes de Palestine.<o:p></o:p>

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    -18 novembre 1947 : L’armee tire sur les manifestants a Zahle : 2 tues :<o:p></o:p>

    L’armee tire a Zahle sur des manifestants qui protestaient contre la mauvaise qualite de la farine et l’irregularite du ravitaillement, faisant deux tues dont Jean Abdallah Abou-Khater, fils d’un notable de la ville, et 11 blesses dont 4 grievement.<o:p></o:p>

    Depuis la veille, la ville etait en greve. A la demande du mohafez de la Bekaa, le gouvernement y avait depeche l’armee pour proteger le depot de cereales. Les incidents ont commence quand les manifestants ont voulu desarmer les soldats gardant le depot. Une grenade blesse deux militaires. Une patrouille blindee venant a la rescousse est bloquee a un barrage et les militaires tirent d’abord en l’air puis sur les manifestants qui les lapidaient. Abou-Khater qui passait ainsi qu’un epicier sont tues sur le coup. Les manifestants se dispersent mais durant des heures, des coups de feu sont entendus dans la ville ou l’ordre est finalement impose par la troupe.<o:p></o:p>

    Ces incidents dechainent les deputes de la Bekaa qui boycottent les ceremonies du 22 novembre. Le 24, Pharaon demande pourquoi les militaires ont crible de balles la ville, Skaff s’etonne qu’on ait eu recours a l’armee et Adib Ferzli signale que pres de 35000 balles furent tirees par les soldats sur des curieux.<o:p></o:p>

    Pour Riad el-Solh, des agitateurs etrangers, probablement communistes, se sont meles aux manifestants. Il compare les manifestations de Zahle…aux greves sociales en France et en Italie.<o:p></o:p>

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    -1er decembre 1947 : Le vote du partage de la Palestine suscite manifestations et incidents :<o:p></o:p>

    A la suite du vote le 29 novembre par l’Assemblee generale de l’ONU du plan de partage de la Palestine, les etudiants des Makassed et de l’AUB inaugurent des manifestations qui se repeteront a travers le pays.<o:p></o:p>

    Portant des drapeaux libanais et arabes, 3000 etudiants parcourent les rues en criant des slogans hostiles au sionisme et aux grandes puissances qui ont vote le partage. Ils attaquent le Bureau americain d’Information et s’approchent du siege de la Tapline puis se dispersent apres avoir provoque la fermeture des magasins. Des manifestations similaires se deroulent a Tripoli et Saida. Le gouvernement prend des mesures pour proteger les legations tandis que le Comite libanais pour la Palestine invite les libanais a ne pas s’attaquer aux etrangers qui « sont nos hotes et sous notre protection ».<o:p></o:p>

    Fermeture des ecoles :<o:p></o:p>

    Le lendemain, un affrontement est evite de justesse au college des Freres de Gemmayze dont des manifestants veulent imposer la fermeture. La police arrive a temps pour eviter le choc avec les eleves soutenus par des habitants. Le ministere de l’Education decide alors la fermeture de toutes les ecoles.<o:p></o:p>

    Des agressions contre les juifs sont signalees. Dans la nuit du 3, un baton de dynamite est lance sur le quartier juif de Wadi Abou-Jmil, tandis qu’a Saida, les magasins et maisons des juifs sont attaques a coups de pierre. Le 5, une greve totale de 6h est observee a Beyrouth.<o:p></o:p>

    Sur le plan officiel, la Chambre refuse de reconnaître le partage, vote un credit d’un million de livres et institue une taxe speciale pour la Palestine a qui les deputes versent le traitement d’un mois. Syndicats et associations multiplient les dons. La contribution des fonctionnaires atteint un demi-million de livres. Le 14, Fayez Makarem, nomme le 27 novembre directeur du service de Presse et de Propagande, supprime l’emission de Radio-Liban, « La Voix de l’Amerique ».<o:p></o:p>

    Premier incident frontalier :<o:p></o:p>

    Alors que s’engagent des volontaires –ils sont 8000 le 8 dont des jeunes filles-, un premier incident est signale entre sionistes et habitants du Sud. Ces derniers desarment des infiltres qui, revenus en force, encerclent le village exigeant la restitution des armes. Le choc est evite grace a des officiers britanniques mais les armes ne sont pas rendues.<o:p></o:p>

    Au Caire ou il se trouve depuis le 7 pour une reunion de la Ligue, Riad el-Solh demande d’avoir confiance dans les pays arabes dont « les resultats de leurs actions apparaitront prochainement. Il est trop tard maintenant pour revenir en arriere. Les jeux sont faits…Nous avons tout fait pour eviter le recours a la force… » Le 19, il regagne le Liban ou arrivent 200 familles fuyant la Palestine.<o:p></o:p>

    Le 28, An Nahar, citant des temoins, parle d’atterrissages de nuit dans la Bekaa d’avions qui chargent des armes. Il n’est pas donne suite a l’information.<o:p></o:p>

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    -8 janvier 1948 :<o:p></o:p>

    Interdiction du PC dont les locaux sont perquisitionnes.<o:p></o:p>

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    -9 janvier 1948 : Vandalisme anti-juif a Beyrouth :<o:p></o:p>

    Des groupes de manifestants dechaines saccagent des magasins du centre de la ville, appartenant a des israelites, a la suite d’informations faisant etat de la saisie d’armes et de munitions dans le quartier a majorite juif de Wadi Abou –Jmil. Un commercant israelite, Moussa Jajati, est blesse a coups de poignard avant que la police ne disperse les manifestants, pour la plupart des marchands de quatre-saisons.<o:p></o:p>

    Le Conseil Superieur Israelite publie un communique s’etonnant de ces violences alors que l’affaire des armes saisies n’est pas clarifiee et reitere l’attachement des juifs du Liban a ce pays et aux causes qu’il defend. Dans la nuit neanmoins, un incendie criminel ravage le domicile d’un citoyen israelite.<o:p></o:p>

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    -3 fevrier 1948 : A la suite d’une agression a Sofar :<o:p></o:p>

    L’Emir Nouhad Arslane recherche pour sedition :<o:p></o:p>

    L’emotion est vive dans les milieux politiques et populaires a la suite d’une agression contre le poste de gendarmerie de Sofar qui fait 2 tues dont un gendarme. La gravite de l’affaire reside dans le fait que les assaillants sont des hommes de l’Emir Nouhad Arslane, frere du ministre de la Defense, accuse nommement dans le communique officiel.<o:p></o:p>

    « Le gouvernement a ete informe depuis un certain temps, dit le communique, de l’activite d’agitateurs visant a troubler la securite et a semer un climat de sedition et de terreur. Ces personnes tenaient des reunions au domicile de l’Emir Nouhad Arslane et se preparaient a realiser leur plan en collectant de l’argent et en achetant des vivres, des armes et des medicaments.<o:p></o:p>

    Dimanche dernier (1er fevrier), le gouvernement apprend que ces individus ont decide d’attaquer une grande banque pour s’emparer des quantites d’or qui s’y trouvent deposees. Les dispositions prises ont fait echouer la tentative.<o:p></o:p>

    Dans la nuit du 2 au 3 fevrier, les memes individus ont tendu un guet-apens a Mdeirege a une voiture transportant des billets de banque. Ils ont du s’enfuir apres un engagement avec les forces de securite convoyant le vehicule. Ayant a leur tete l’Emir Nouhad Arslane, ils ont attaque alors le poste de gendarmerie de Sofar apres avoir coupe la ligne telephonique. Les gendarmes ont riposte aux tirs. L’agression a coute la vie a un gendarme. Un assaillant grievement atteint a ete arrete. Ses complices qui ont reussi a s’enfuir sont activement recherches.<o:p></o:p>

    Une perquisition au domicile de l’Emir a permis de decouvrir une grande quantite d’armes, des sachets d’explosifs du genre de ceux que les terroristes sionistes glissent dans les lettres, des tenues militaires et des exemplaires d’un manifeste appelant les libanais a la revolte et a la resistance armee ».<o:p></o:p>

    L’affaire est deferee devant la Cour de Justice et des arrestations sont operees dont celles de Louis Ziade qui est remis en liberte le 21 et de Khaled Abdel –Kader, ancien depute du Nord.<o:p></o:p>

    Le 18, Radio –Amman signale l’arrivee de l’Emir dans la capitale transjordanienne et precise qu’il s’est engage a s’abstenir de toute activite susceptible de troubler les rapports entre Amman et Beyrouth.<o:p></o:p>

    Arslane et Ziade etaient surveilles par les services de securite a la suite de leurs rencontres repetees avec Mgr. Moubarak, un des chefs les plus virulents de l’opposition au regime.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -2 mars 1948 : Bureau des Affaires Palestiniennes :<o:p></o:p>

    Un Bureau special charge des Affaires Palestiniennes est cree pour servir de liaison avec le Bureau Permanent de la Palestine. Siegeant au Grand –Serail, il est dirige par le colonel Philippe Abi –Nader.<o:p></o:p>

    Le 18 du mois, sur instructions de la Surete Generale, interdiction est faite aux palestiniens d’entrer au Liban. Sont exclus de cette mesure les femmes et les enfants, les malades ayant reserve leurs places dans les hopitaux et les charges de mission politique ou militaire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -9 avril 1948 :<o:p></o:p>

    La Chambre accorde a l’armee le droit de perquisition.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -21 avril 1948 :<o:p></o:p>

    Statistiques : 23000 palestiniens et 30000 syriens au Liban.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -22 avril 1948 : Haro sur le pieton indiscipline :<o:p></o:p>

    Dans un acces de civisme, la Municipalite cherche a organiser la circulation des pietons et la police dresse des proces-verbaux a tout citoyen marchant sur la chaussee et non sur les trottoirs et traversant les rues hors des passages cloutes. Mais la campagne s’essoufle vite et est abandonnee.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -26 avril 1948 : Dans un memorandum a l’ONU :<o:p></o:p>

    La Ligue arabe decide l’option militaire en Palestine, mais n’attaquera pas avant le 15 mai :<o:p></o:p>

    Recevant les diplomates accredites dans le pays, le ministre des Affaires Etrangeres, Hamid Frangieh, leur donne lecture du memorandum adresse par les Etats arabes aux puissances etrangeres et aux Nations –Unies. Le document expose l’aggravation de la situation du fait de la generalisation des troubles en Palestine et justifie une action militaire des Etats arabes pour y retablir l’ordre et prevenir le danger qui menace leur propre existence.<o:p></o:p>

    Regrettant que les Nations –Unies n’aient pas trouve une solution pacifique et equitable a la crise, le memorandum releve que « le mandat britannique sur la Palestine a pris fin sans qu’une autorite legale n’y soit etablie pour garantir la paix et le respect des lois et proteger les habitants dans leurs personnes et leurs biens.<o:p></o:p>

    « Les gouvernements des Etats arabes declarent que la paix et l’ordre en Palestine sont troubles par l’agression sioniste qui a provoque l’exode de plus de 250000 arabes vers les pays voisins. Les evenements en Palestine et particulierement les atrocites commises a Deir Yassine, Tiberiade et ailleurs, ont demasque les intentions agressives du sionisme et ses visees colonisatrices ».<o:p></o:p>

    Soulignant l’inquietude des Etats arabes face a une situation qui « constitue une menace serieuse et directe contre la paix et l’ordre dans leur region en general et a l’egard de chacun d’eux en particulier », le document poursuit : « Les gouvernements des Etats arabes, desireux de mettre fin a cette situation et d’empecher qu’elle ne s’aggrave et ne degenere en desordres dont l’ampleur depasserait toute prevision, desireux aussi de s’opposer a l’extension des troubles et de l’anarchie aux pays arabes voisins et de suppleer a la vacance de pouvoir resultant de la fin du mandat britannique et de l’absence d’une autorite legitime capable de le remplacer, se sont trouves dans l’obligation d’intervenir en Palestine pour arreter l’effusion de sang, aider les habitants a retablir la paix et l’ordre et assurer le regne de la justice et de la loi.<o:p></o:p>

    Ces gouvernements reconnaissent que l’independance de la Palestine dont l’exercice a ete jusqu’ici paralyse par le mandat britannique est desormais une realite pour les habitants legitimes du pays. Eux seuls sont en droit de doter leur pays d’institutions gouvernementales en vertu de leur souverainete et d’exercer les attributs de celle-ci en dehors de toute ingerence etrangere quelle qu’elle soit et ce, des le retablissement de l’ordre et de la paix et de la restauration de la legalite. L’intervention arabe prendra alors fin et l’Etat palestinien independant cooperera avec les Etats de la Ligue dans tous les domaines interessant la securite, la paix et la prosperite dans cette region du monde.<o:p></o:p>

    L’unique solution equitable au probleme palestinien consiste dans la creation d’un Etat unitaire democratique, Etat dont les habitants jouiront de l’egalite absolue devant la loi, ou les minorites beneficieront des garanties etablies par les institutions constitutionnelles et democratiques et ou les Lieux Saints seront proteges et la liberte de leur acces assuree.<o:p></o:p>

    Les Etats arabes proclament que les considerations et objectifs ci –haut exposes constituent les seuls mobiles de leur intervention en Palestine et qu’ils n’ont ete mus que par le souci de mettre un terme a l’anarchie qui y regne. Ils sont en consequence convaincus que leur action aura l’appui des Nations –Unies parce qu’elle ne vise qu’a la realisation des buts de cette organisation et a la consolidation des principes etablis par sa Charte ».<o:p></o:p>

    Le 27 avril, le Conseil politique de la Ligue reuni au Caire affirme que les armees arabes n’entreront pas en Palestine avant le 15 mai, date de la fin du retrait des forces britanniques de ce pays.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -26 avril 1948 : Interdiction du port d’armes aux refugies, tenus de transiter vers la Syrie :<o:p></o:p>

    Par decision de la commission centrale des refugies, il est interdit aux refugies palestiniens de porter des armes et toute arme sera saisie. Il est decide egalement d’interdire l’entree au Liban de tout refugie age de 18 a 50 ans, de vacciner les refugies, de combattre le marche noir de la benzine, d’assurer les fonds necessaires a l’entretien des refugies, de faire transiter ces refugies vers la Syrie, d’insister aupres de cette derniere pour qu’elle livre aux refugies le ble promis et dont aucune quantite n’a encore ete fournie, et d’organiser le sejour provisoire de ces refugies au Liban.<o:p></o:p>

    Des instructions sont donnees aux postes –frontiere pour n’autoriser l’entree que des enfants, femmes et vieillards, apres examen medical et vaccination. Ils peuvent transiter par le pays, non y sejourner, a l’exception d’un nombre infime recueilli dans des monasteres.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -4 mai 1948 :<o:p></o:p>

    Solh : « Une grave decision concernant la Palestine a ete prise ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -5 mai 1948 :<o:p></o:p>

    30000 refugies palestiniens deja au Liban.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -7 mai 1948 : Chamoun : « Nous avons perdu trop de temps » :<o:p></o:p>

    Rentre le 1er mai apres six mois passes a l’ONU, le ministre de l’Interieur, Camille Chamoun, denonce l’attentisme et l’impreparation militaire des arabes.<o:p></o:p>

    « Les prochains jours, dit-il a la Presse, seront decisifs pour la Palestine et pour l’avenir de tous les pays arabes et en premier lieu le Liban. Ou les peuples arabes et les palestiniens feront bloc pour barrer la route au sionisme ou l’Etat juif s’imposera par la violence et sera reconnu par les puissances qui ne comprennent pas d’autre langage que celui de la force.<o:p></o:p>

    La puissance des sionistes ne tarderait pas alors a s’etendre aux territoires voisins qu’elle asservirait l’un apres l’autre en employant ses leviers habituels de domination : argent, armes, intrigue internationale, propagande et autres moyens modernes de conquete…Aucune nation arabe ne pourra plus, une fois le triomphe du Sionisme reconnu, faire respecter ses droits par la voie des negociations, de l’arbitrage et de l’ONU. N’oublions que l’ONU a ete completement ebranlee par la pression des sionistes tout en etant intimement convaincue du bien –fonde de la these arabe ».<o:p></o:p>

    Relevant le fait que les palestiniens ont neglige de s’armer, Chamoun ajoute que « la Ligue arabe n’a pas elle non plus fait son devoir et a differe jusqu'à la derniere heure la mise au point de ses preparatifs militaires alors que depuis longtemps elle se rendait compte de l’imminence du danger ». Apres avoir fait assumer la chute de Haifa a « l’impreparation militaire », Chamoun note que la Ligue a decide le 26 avril une action militaire et demande pourquoi les armees arabes ne sont pas aussitôt intervenues ?<o:p></o:p>

    « Nous avons perdu trop de temps. Chaque jour qui passe dans l’attente fait reculer les perspectives de la victoire. Chaque heure qui s’ecoule dans le marasme nous coutera demain des centaines de vies. Le 15 mai et les jours suivants nous reveleront des surprises et des aleas qu’il est de notre devoir de prevenir en prenant l’initiative. Ne point agir serait criminel…<o:p></o:p>

    Les pays voisins de la Palestine et plus particulierement le Liban traversent aujourd’hui leur crise la plus grave depuis des siecles…L’existence d’un Etat juif dans le cœur de la Palestine, c’est la cellule d’où sortira le grand Etat juif qui s’annexera la Syrie, le Liban et la Transjordanie ».<o:p></o:p>

    Le ministre de l’Interieur termine son expose en adjurant les nations arabes d’oublier leurs querelles, de s’unir et d’agir sans delai.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -14 mai 1948 :<o:p></o:p>

    Etat d’urgence. L’armee boucle la frontiere palestinienne.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -15 mai 1948 : Le Liban en guerre : Black out total sur les operations militaires :<o:p></o:p>

    Depuis ce matin, le Liban est en guerre dans le cadre d’une action militaire commune arabe qui a suivi la proclamation de l’Etat d’Israel. Depuis la veille, l’etat d’urgence est proclame sur tout le territoire et la frontiere avec la Palestine est fermee et placee sous le contrôle exclusif de l’armee.<o:p></o:p>

    Un black out total est impose sur les operations militaires et la presse ne publie que les communiques du ministere de la Defense qui met en garde les propagateurs de rumeurs et informations susceptibles d’ebranler le moral du citoyen et du combattant. Une vingtaine de responsables communistes ont ete arretes a Beyrouth et dans les regions meridionales.<o:p></o:p>

    Message du chef de l’Etat a la troupe :<o:p></o:p>

    Chef supreme de l’armee, le president Bechara el –Khoury a adresse a la troupe un message qui declare notamment :<o:p></o:p>

    « Nos cœurs sont avec vous depuis l’heure ou vous avez assume l’honneur de contribuer a la liberation de la Palestine…Nous avons beaucoup endure, patiente et donne tous les temoignages possibles de notre amour de la paix et de la concorde. Nos efforts n’ont pas abouti a neutraliser les visees illegitimes et a arreter une entreprise que condamnent la conscience et les principes humains…Maintenant il faut agir. Vous devez compter sur le Tout –Puissant et sur vous-memes pour faire triompher la justice et le droit.<o:p></o:p>

    « Que Dieu vous assiste. Que votre foi demeure inebranlable. C’est elle qui vous donnera la victoire. C’est elle qui apportera la securite a vos freres et retablira la paix sur une terre d’où la terreur a banni tout sentiment et tout esprit de charite. Allez de l’avant. Le succes vous appartient ainsi qu’aux autres vaillants soldats des pays arabes ».<o:p></o:p>

    Nouvelles taxes :<o:p></o:p>

    Autorise a requisitionner tout batiment, machines et animaux necessaires a l’effort de guerre, le ministere de la Defense a interdit le survol du Sud aux avions de ligne, obliges d’emprunter un corridor aerien entre le Liban et l’Egypte au sein duquel ils ne peuvent pas utiliser leurs emetteurs radio.<o:p></o:p>

    En prevision de la guerre, le gouvernement a impose de nouvelles taxes, reduit de 60% les rations de mazout et distribue des cartes de ravitaillement aux refugies. L’essence se fait rare et des files se forment devant les magasins d’alimentation. On stocke de la nourriture.<o:p></o:p>

    Navettes et inquietudes de Solh :<o:p></o:p>

    Depuis des semaines, le Liban s’evertue a resserrer les rangs arabes. Rias el –Solh s’est rendu a Amman ou avec l’aide du regent irakien Abdul –Ilah qui l’y a rejoint, il reussit a calmer le roi Abdallah qui a des griefs envers Ryad. Abdul –Ilah etant lui-meme en froid avec le roi Farouk, il le persuade de l’accompagner au Caire ou il les reconcilie. Revenu a Beyrouth, il veut y reunir Abdallah, Abdul –Ilah et le president Kouatly. Mais ce dernier ne veut pas rencontrer Abdallah a qui il reproche ses appels a la Grande –Syrie. Solh repart a Amman calmer le roi et de la se rend a Ryad puis a Bagdad.<o:p></o:p>

    Rentre le 4 a Beyrouth, Solh declare que « la liberation de la Palestine est desormais l’objectif numero 1 des arabes ». Mais il ne cache pas en prive son inquietude du fait de la mefiance regnant entre les arabes et de leur non preparation au combat. Reunis le 30 avril a Amman, les chefs des armees du Liban, de Syrie, d’Egypte, d’Irak et de Transjordanie ont en effet estime que pour vaincre, il leur faudrait au moins 6 divisions entierement equipees et 6 escadrilles totalisant au moins 72 chasseurs et bombardiers et que les forces arabes soient sous commandement militaire unique. Ce qui est impossible a breve echeance.<o:p></o:p>

    Les conseils d’Ibn Saoud :<o:p></o:p>

    Peu avant l’ouverture des hostilites, le roi Abdel –Aziz avait mis en garde les pays arabes contre l’entree en guerre contre les sionistes, surarmes et soutenus par l’etranger. Il avait propose d’armer les palestiniens, de les pousser a se soulever contre les sionistes et d’envoyer des volontaires arabes pour les aider. Cette guerilla, estimait-il, affaiblira les sionistes et donnera aux arabes le temps de mieux se preparer a une guerre conventionnelle.<o:p></o:p>

    Mais sous la pression de leurs masses, les leaders arabes ignorent ces conseils, d’où le retard du monarque saoudien a engager son armee dans la guerre. Et c’est dans un tel contexte que le 15 mai les armees arabes sont entrees, en ordre disperse et non preparees, en Palestine.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -20 mai 1948 : Sommet restreint a Deraa :<o:p></o:p>

    5 jours apres le debut de l’offensive arabe et a la demande du president Kouatly, se rencontrent a Deraa les presidents syrien et libanais, le roi Abdallah et le regent Abdul –Ilah, en presence de Riad el –Solh, pour faire le point sur la situation militaire.<o:p></o:p>

    Les arabes ont occupe le vieux Jerusalem, Ramallah, Latroun, Naplouse, Jericho, Bethleem, Falouja et Gaza et ont fait leurs jonctions avec les volontaires de Kaoukji en Haute –Galilee ou les forces libanaises sont en bonne position. Seules les troupes saoudiennes n’ont pas encore participe aux combats car trop eloignees du front.<o:p></o:p>

    Les leaders libanais sont a peine rentres que la situation militaire commence a se degrader. Les arabes manquent d’armes modernes et de munitions, leurs actions ne sont pas coordonnees, les saoudiens se font attendre, les irakiens sont bloques dans leurs mouvements par les transjordaniens dont la Legion, sous le commandement du britannique Glubb Pacha, a arrete toute offensive.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -3 juin 1948 :<o:p></o:p>

    L’armee interdit toute prise de photo sur l’ensemble du territoire.<o:p></o:p>

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    -9 juin 1948 :<o:p></o:p>

    Bechara el –Khoury visite le front.<o:p></o:p>

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    -11 juin 1948 : Treve de quatre semaines en Palestine alors qu’on fait etat de succes libanais :<o:p></o:p>

    Negociee par le mediateur des Nations –Unies, le comte Bernadotte, qui visite Beyrouth le 6 du mois, une treve de 4 semaines est proclamee en Palestine alors que la presse faisait etat de progression des forces libanaises dans la plaine de Houle.<o:p></o:p>

    Un communique du ministere de la Defense a annonce en effet que « dans le secteur de Malkiyeh qui contrôle la vallee de Houle, l’ennemi a du battre en retraite, abandonnant 7 canons, 9 mitrailleuses, 3 vehicules blindes, 5 camions et des munitions ».<o:p></o:p>

    La veille de l’entree en vigueur de la treve, decidee le 29 mai par le Conseil de Securite de l’ONU, le chef de l’Etat avait visite le front et procede a la remise de medailles.<o:p></o:p>

    Le Conseil de Securite avait cree une commission pour la treve et le 22 mai, il appelle a l’arret des combats. Le 29, il exige l’arret des hostilites pour 4 semaines durant lesquelles :<o:p></o:p>

    -aucun combattant ne sera introduit en Palestine, Egypte, Syrie, Irak, Liban, Transjordanie, Arabie Saoudite et Yemen.<o:p></o:p>

    -aucun element susceptible de porter les armes et entrant dans ces pays ne sera ni mobilise ni entraine militairement.<o:p></o:p>

    -ces pays suspendent toute exportation ou importation de materiel de guerre.<o:p></o:p>

    -les Lieux Saints de Jerusalem seront proteges et leur libre acces assure.<o:p></o:p>

    En cas de refus de la resolution ou de violation de la treve une fois instauree, la situation en Palestine serait revue sur base du Chapitre 7 de la Charte, qui autorise l’intervention armee des Nations –Unies. Le comte Bernadotte, avec l’aide d’observateurs, est charge de controler le respect de la treve.<o:p></o:p>

    Reuni au Caire, le comite politique de la Ligue, soumise a de vives pressions internationales, accepte le 11 la treve.<o:p></o:p>

    Violee a peine instauree :<o:p></o:p>

    Le 13, le gouvernement adresse une note de protestation a Bernadotte faisant etat de la violation de la treve par les sionistes pres de la colonie d’Ach Chajarat a 8 Km de Nazareth et dans la nuit du 12 au 13 dans les regions de Kadass et de Malkiyeh. Selon le communique du ministere de la Defense, « les attaquants ont reussi en certains points une penetration d’une centaine de metres avant d’etre repoussee par le feu de notre artillerie, laissant derriere eux des explosifs et un materiel divers ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -15 juin 1948 : Chamoun denonce la treve :<o:p></o:p>

    Recevant la presse a son domicile, Camille Chamoun denonce l’acceptation par les arabes d’une treve qui leur vole une victoire qui etait a portee de leurs mains, equivaut a une reconnaissance de fait « des bandes terroristes sionistes » placees sur pied d’egalite avec les armees des Etats arabes independants et risque de consacrer le partage de la Palestine.<o:p></o:p>

    Pour Chamoun, ces Etats ont mal fait d’accepter la treve apres les succes de leurs armees et ont eu tort de se laisser leurrer par une diplomatie qui les a pousses a admettre aujourd’hui ce qu’ils combattaient hier. Apres s’etre toujours opposes a l’immigration sioniste, ils souscrivent a l’entree des juifs en Palestine alors que leurs armees sont a l’avant-dernier stade de la victoire.<o:p></o:p>

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    -8 juillet 1948 :<o:p></o:p>

    Reprise des combats en Palestine.<o:p></o:p>

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    -10 juillet 1948 :<o:p></o:p>

    Afflux de refugies palestiniens a la suite de la reprise des combats.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -16 juillet 1948 : Pris pour un sioniste, un pretre est torture a mort dans la Bekaa :<o:p></o:p>

    Vive emotion populaire, notamment chez les chretiens, a la suite de la mort d’un religieux, toture a mort dans la Bekaa ou il avait ete pris pour un sioniste.<o:p></o:p>

    Le pere Habib Khauche, entre a pied de Syrie, est arrete pres de la localite de Chebaa par des habitants. En cette periode d’hysterie antisioniste, le religieux, originaire de Damas, est pris pour un infiltre sioniste. Malgre ses denegations, il est torture 4h par ses ravisseurs qui le frappent, lui arrachent les poils de la barbe, l’accusant d’etre un « sale juif », accusation soutenue a leurs yeux par le fait qu’il etait circoncis. Durant son martyre, le pretre, de l’aveu des tortionnaires, s’est contente sous les coups de reciter des prieres. Finalement, les ravisseurs le tuent et jettent son corps dans un ravin.<o:p></o:p>

    Les autorites prennent a cœur ce meurtre et l’affaire est portee devant la Cour de Justice qui juge les crimes touchant a la securite de l’Etat.<o:p></o:p>

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    -18 juillet 1948 : La Ligue accepte l’arret des combats qui avaient repris en Palestine :<o:p></o:p>

    Le comite politique de la Ligue, reuni a Aley, accepte l’arret des combats qui avaient repris le 8 en Palestine, a l’expiration de la treve de 4 semaines decidee le 11 juin. Le mediateur de l’ONU, le comte Bernadotte, avait propose de la prolonger 10 jours mais les arabes avaient refuse.<o:p></o:p>

    A la reprise des combats, les armees arabes s’etaient heurtees a des forces sionistes qui avaient profite de la treve pour se renforcer alors que les pressions etrangeres ebranlaient la cohesion arabe. Malgre le maintien du black out sur les operations, des informations font etat de revers arabes sur la plupart des fronts, suivis d’un nouvel afflux de refugies. Le Conseil de Securite avait alors exige l’arret des combats sous peine de sanctions economiques.<o:p></o:p>

    Le 14 juillet, le comite politique se reunissait a Aley pour etudier l’exigence du Conseil de Securite, assortie d’une date butoir fixee au 18 juillet. Le 16, le regent irakien Abdul –Ilah, arrive inopinement, informait le comite que la Legion arabe avait arrete les combats, que les saoudiens ne pourront pas s’y engager avant longtemps, que les irakiens se heurtaient a des problemes de logistique et que les egyptiens ne pouvaient plus supporter seuls le fardeau de la lutte armee.<o:p></o:p>

    Le chef de l’Etat relaya ces informations aux dirigeants syriens qui arriverent le lendemain a Aley. La decision d’accepter l’arret des combats est alors prise par les representants arabes, quelques minutes avant l’expiration du delai impose par l’ONU.<o:p></o:p>

    Bunch et Bernadotte a Beyrouth :<o:p></o:p>

    Alors que l’arret des combats suscite des manifestations dans tous les pays arabes, Ralph Bunch, assistant du mediateur de l’ONU, remet le 21 a Aley au secretaire general de la Ligue, Abdel –Rahman Azzam, une invitation du comte Bernadotte d’envoyer des representants arabes a Rhodes pour y negocier les armistices, « par le biais de contacts indirects ». A la demande des libanais, Bernadotte vient en personne le 24 a Beyrouth ou il reitere son invitation avant de regagner l’ONU le 27.<o:p></o:p>

    L’absence de cohesion militaire et les divergences de buts ayant lourdement pese dans la defaite arabe, Azzam s’engage a unifier le commandement militaire arabe. De son cote, le Liban confie a Charles Helou, ambassadeur au Vatican, et a Mohieddine Nsouly, proprietaire du journal Beyrouth, la mission de contrer la propagande sioniste en France, en Italie et en Espagne.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -21 juillet 1948 : Culture du haschich en hausse :<o:p></o:p>

    De l’aveu du directeur de l’Agriculture, la culture du haschich est tres developpee dans la Bekaa mais les responsables hesitent a en ordonner la destruction du fait de l’influence politique des proprietaires des terrains cultives. Le ministere de l’Interieur a obtenu des credits de 5000 Livres pour cette destruction mais aucun ordre ne semble devoir etre donne en ce sens.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -26 juillet 1948 :<o:p></o:p>

    Projet d’institution du service militaire obligatoire.<o:p></o:p>

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    -27 juillet 1948 :<o:p></o:p>

    Plusieurs blesses dans un attentat a la bombe a Wadi Abou –Jmil, habite surtout par des israelites.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -31 juillet 1948 :<o:p></o:p>

    Rentre de Amman, l’Emir Nouhad Arslane est arrete et incarcere.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -3 aout 1948 : 60000 refugies palestiniens :<o:p></o:p>

    Selon le directeur general de l’Interieur, Georges Haimari, il existe 60000 refugies palestiniens au Liban, recevant une subvention mensuelle de 3 livres et 10 Kg de farine. Grace a la vaccination, aucune epidemie ne s’est declaree. 700 orphelins ont ete pris en charge par l’Etat et quelque 500 palestiniens en etat de porter les armes ont ete diriges vers un camp d’entrainement militaire.<o:p></o:p>

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    -4 aout 1948 : On reglemente toujours la circulation :<o:p></o:p>

    La Municipalite interdit a partir du 9, l’usage du klaxon, la circulation des pietons hors des passages cloutes et le stationnement des voitures sur les trottoirs. Une section de 25 motards, nouvellement creee, est chargee de veiller a l’application de ces mesures.<o:p></o:p>

    Des mesures similaires prises par le passe etaient restees sans suite. Le directeur de la police, Nasser Raad, explique le 17 que cette carence est due au fait que ses effectifs n’ont pas augmente « alors que la population a decuple et que le nombre de voitures augmente sans cesse. Si le policier libanais est grincheux, c’est qu’il est deborde de travail ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -5 aout 1948 : Solh a Amman :<o:p></o:p>

    Riad el –Solh se rend pour 24h a Amman a l’invitation du roi Abdallah qui lui explique, pour justifier l’inaction de son armee durant la guerre, que le commandant (britannique) de ses forces ne leur avait pas livre de munitions et avait interdit aux officiers de la Legion d’obeir aux instructions directes du monarque.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -1er septembre 1948 :<o:p></o:p>

    Projet de loi instituant un service militaire obligatoire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -17 septembre 1948 :<o:p></o:p>

    Consternation au Liban a la suite de l’assassinat du comte Bernadotte.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -19 septembre 1948 :<o:p></o:p>

    Interrogations sur l’opportunite du service militaire obligatoire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -20 septembre 1948 : Lissan Ul Hall se prononce contre le service militaire obligatoire :<o:p></o:p>

    Lissan Ul Hall s’interroge sur l’utilite d’un projet instituant le service militaire obligatoire, annonce par Riad el –Solh.<o:p></o:p>

    « Ce qui est valable, ecrit-il, pour de grands Etats, l’est-il pour le Liban, aux dimensions petites et dont la population ne depasse pas le million et quart d’habitants ? L’existence du Liban depend-elle de sa puissance militaire ? La plupart des historiens, des analystes et des theoriciens estiment que le Liban doit son existence, ni a sa flotte ni a ses blindes, mais au seul fait qu’il est le Liban.<o:p></o:p>

    Supposons le service militaire obligatoire adopte. Que pesera la petite armee qui en sortira en cas de guerre ? Pourra-t-elle repousser une agression etrangere ? Ou bien son existence meme deviendrait un danger pour le Liban, tout comme la presence d’une DCA est un danger pour une ville ouverte ?<o:p></o:p>

    La force du Liban est sa pensee, sa mission, ses hommes de science et d’action, eparpilles a travers le monde, l’esprit d’initiative de ses citoyens, les plus dynamiques du monde…Pour cela, nous nous opposons avec courage et ouvertement au projet du service obligatoire du Drapeau ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -2 octobre 1948 :<o:p></o:p>

    Les refugies palestiniens : 78000 au debut du mois et 117000 le 14.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -5 octobre 1948 : Interdiction totale des jeux de hasard :<o:p></o:p>

    A la suite de multiples incidents survenus dans les cercles, le Conseil de Securite Interieure decide l’interdiction rigoureuse des jeux de hasard sur tout le territoire et annonce que tout individu porteur d’une arme sera abattu s’il ne se rend pas aux forces de l’ordre a la premiere sommation.<o:p></o:p>

    En juillet, le Commissariat au Tourisme avait ete autorise a créer des cercles de jeux dans les centres de villegiature ainsi qu’a Beyrouth, Zahle, Ehden et Jezzine. Les jeux avaient ete autorises du 1er juillet au 30 octobre en montagne et du 1er novembre au 30 juin dans les villes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -22 octobre 1948 : L’aviation sioniste bombarde l’hopital de Tyr :<o:p></o:p>

    L’hopital de Tyr ou sont soignes des civils palestiniens et des volontaires et militaires libanais engages en Haute –Galilee est bombarde par un avion sioniste. Bilan : 2 tues et 4 blesses.<o:p></o:p>

    Cree a l’initiative du Dr. Saadallah el –Khalil qui le dirige et qui a fourni a ses frais son equipement, l’hopital de 40 lits est bonde et ses couloirs sont encombres de blesses, etendus a meme le sol. Le chirurgien ne dispose que de 3 infirmieres et de 2 assistants, tous volontaires. Le Bureau Permanent de Beyrouth pour la Defense de la Palestine l’alimente en produits medicaux de premiere necessite.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -31 octobre 1948 : Revers en Haute –Galilee en afflux de refugies :<o:p></o:p>

    La situation militaire continue a se degrader en Haute –Galilee ou les forces sionistes ont repris leur offensive obligeant l’armee libanaise a se replier a l’interieur du pays. Puis le 31, les volontaires de Fawzi Kaoukji sont refoules au Nord. L’aviation sioniste largue des tracts menacant le Liban « des pires consequences » s’il apportait son aide a ces volontaires.<o:p></o:p>

    A la suite de revers sur tous les fronts et de la defection de la Transjordanie, la tendance des leaders arabes qui multiplient leurs rencontres est d’accepter de negocier un armistice qui remplacera l’arret des combats que les sionistes violent sans reaction de l’ONU.<o:p></o:p>

    Les defaites arabes ont eu pour premier resultat d’amplifier la fuite des palestiniens. Selon le Comite Central de Secours aux Refugies, le nombre de ces derniers au Liban a atteint 117000 dont 100000 nourris et loges aux frais de l’Etat. Au debut du mois, le ministere de l’Interieur avait fait etat de 77862 refugies contre 60000 a la mi-septembre. On signale la decouverte de plusieurs cartes d’identite libanaise falsifiees parmi ces refugies.<o:p></o:p>

    Reconnaissance du Gouvernement Arabe de Palestine :<o:p></o:p>

    Le 13 du mois, Beyrouth a reconnu le Gouvernement Arabe de Palestine, proclame le 23 septembre a Gaza, apres consultation des autres capitales arabes et en depit de l’hostilite du roi Abdallah a ce gouvernement.<o:p></o:p>

    Cette reconnaissance survient alors que la position arabe a l’Assemblee Generale de l’ONU a Paris semble de plus en plus faible. Riad el –Solh qui est dans la capitale francaise depuis le 21 septembre a informe Beyrouth qe la tendance de l’ONU est de soutenir le partage de la Palestine selon le projet du comte Bernadotte. Britanniques et americains auraient promis au roi Abdallah de le laisser annexer la partie arabe, parvenant ainsi a diviser les rangs arabes en neutralisant Amman.<o:p></o:p>

    L’attitude du monarque hachemite a irrite Le Caire, Ryad, Beyrouth et Damas qui apres avoir envisage de deposer a la Ligue arabe une plainte contre Amman, preferent ne pas etaler au grand jour les divisions arabes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -4 novembre 1948 : Amman a Beyrouth : mieux vaut negocier :<o:p></o:p>

    Le representant du Liban en Transjordanie, l’Emir Khaled Chehab, remet au chef de l’Etat un message du roi Abdallah qui preconise l’ouverture de negociations avec les sionistes car une reprise eventuelle des combats serait trop « aventureuse ».<o:p></o:p>

    La teneur du message est transmise au president syrien Kouatly, a Riad el –Solh qui se trouve a l’Assemblee de l’ONU a Paris et a Hamid Frangieh au Caire ou est reunie la Ligue. A la demande de Kouatly, un sommet syro-libanais se tient le 6 a Chtaura et discute le message, la situation militaire et la reunion du Caire. Les informations de la Ligue font etat de tensions Le Caire –Bagdad, les egyptiens reprochant aux irakiens leur passivite. Le secretaire general de la Ligue et le chef du gouvernement egyptien boycottent les reunions.<o:p></o:p>

    A l’Assemblee de l’ONU, la situation est confuse. Certains appuient le projet initial de partage, d’autres celui revise de Bernadotte mais hesitent a le passer au vote.<o:p></o:p>

    Rentre le 12 a Beyrouth, Frangieh annonce que la Ligue a accepte l’idee d’une action militaire commune arabe « sur un point du front egyptien », la contribution du Liban etant d’accepter que les volontaires syriens bases a la frontiere soient engages dans cette action. Le 27, le Liban demande a la Syrie d’assurer par des troupes regulieres la releve de ces volontaires qui, desœuvres, commencent a poser des problemes de securite au Sud. Kouatly accepte.<o:p></o:p>

    Occupation de villages au Sud :<o:p></o:p>

    Dans ce contexte eclate une crise a Damas ou des manifestations en faveur de la Palestine entrainent des heurts sanglants avec l’armee. Le gouvernement de Jamil Mardam demissionne et est remplace par un cabinet preside par Hachem Atassi. Mettant a profit ces perturbations, les sionistes penetrent au Sud et occupent des localites frontalieres. Le Liban proteste aussitôt aupres de la commission d’armistice.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -9 novembre 1948 : Des velos pour les vigiles :<o:p></o:p>

    Il est decide de doter de bicyclettes les 25 agents charges de la securite de nuit dans la capitale. A la suite de l’abandon du systeme d’un veilleur de nuit par quartier, les cambriolages s’etaient multiplies. Comme les agents ne repassent dans un quartier que toutes les 6h, ils seront plus rapides a velo. Mais 25 agents pour 500000 habitants, cela reste bien peu.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -6 decembre 1948 :<o:p></o:p>

    L’interdiction militaire de photographier limitee aux seuls batiments, installations et zones militaires.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -22 decembre 1948 : L’ONU cree une commission de conciliation entre arabes et israeliens :<o:p></o:p>

    Le chef du gouvernement, Riad el –Solh, regagne le Liban apres avoir preside durant 3 mois a Paris la delegation libanaise a l’Assemblee Generale de l’ONU qui a cloture ses travaux le 11 en votant une motion portant creation dune commission de conciliation entre arabes et israeliens.<o:p></o:p>

    Composee de 3 membres, un americain, un francais et un turc, elle doit soumettre un rapport sur la question palestinienne au Conseil de Securite. La motion portant creation de cette commission ne parle ni du projet de partage ni du rapport du comte Bernadotte. Ce qui fera dire a Solh, pour seul commentaire sur sa mission, « nous avons remporte une victoire negative ».<o:p></o:p>

    Avec ce vote, on s’achemine vers des armistices permanents. Le siege des egyptiens encercles a Falouja a ete leve et les irakiens ont cesse les combats. Plus grave est l’annexion par la Transjordanie de la partie arabe de la Palestine, suite a un congres de notables, tenu le 1er decembre a Jericho. La mesure suscite la colere de Beyrouth, du Caire et de Damas qui protestent officiellement aupres de Amman.<o:p></o:p>

    Le lendemain de son retour, Solh rencontre le chef des observateurs de l’ONU pour discuter des negociations a venir avec les israeliens et pose, en prealable, l’evacuation des villages libanais occupes.<o:p></o:p>

    L’affaire palestinienne ne fait pas perdre de vue les problemes du quotidien. Lors de ses dernieres reunions de l’annee, le Conseil des ministres adopte un projet visant a remplacer les tramways par des trolleybus.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -23 decembre 1948 :<o:p></o:p>

    Accrochages au Hermel avec les Dandache : 1 gendarme tue, 16 blesses.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -3 janvier 1949 : Premiere manifestation de refugies palestiniens contre les regimes arabes :<o:p></o:p>

    Pour la premiere fois, des centaines de refugies manifestent Place des Canons contre la passivite arabe face aux poussees militaires sionistes. Agitant des banderoles portant « Attaquez ou allez-vous en », « Vous etes entres en Palestine en combattants, nous en sommes sortis en refugies », les manifestants, surveilles par des forces de l’ordre, se dispersent ensuite sans incidents.<o:p></o:p>

    Le lendemain, dans une conference de presse, Stanton Griffith, directeur de l’UNRWA, estime a 750000 le nombre des refugies : 105000 au Liban, 90000 en Syrie, 75000 en Transjordanie, 5000 en Irak, 225000 en Palestine (des deplaces) et 25000 a Gaza. « Il leur faut, dit-il, chaque mois 6000 tonnes de farine, 750 de legumes, 600 de dattes, 500 d’huile et 300 de sucre ». Or a part le lait, la nourriture manque et les envois tardent a arriver malgre la multiplication des missions d’etudes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -5 janvier 1949 :<o:p></o:p>

    Sommet libano-syrien consacre a la Palestine.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -14 janvier 1949 : Contacts militaires libano-israeliens :<o:p></o:p>

    A la demande du mediateur de l’ONU, Ralph Bunch, des contacts militaires indirects se deroulent entre libanais et israeliens. Bien que ces derniers se disent prets a evacuer 5 des villages occupes au Sud, le Liban refuse de negocier un armistice avant la fin des pourparlers entre egyptiens et israeliens, ouverts le 7 a Rhodes. Cette position est partagee par Damas ou Fouad Ammoun, secretaire general des Affaires Etrangeres, est depeche 2 fois en 48h.<o:p></o:p>

    Ces contacts se veulent discrets, mais seule Radio –Liban les ignore alors qu’ils sont rapportes avec details par les radios de la region qui font etat de la disposition du Liban a signer un armistice une fois restitues les villages occupes du Sud.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -19 janvier 1949 : Beyrouth –Est et Beyrouth –Ouest :<o:p></o:p>

    Le directeur de la police Nasser Raad divise la capitale en Beyrouth –Est et Beyrouth –Ouest. Dans une circulaire, il cree un quartier general de la gendarmerie a Basta pour l’Ouest, et un a la Place des Canons pour l’Est, confies respectivement aux commissaires generaux Salim Sleiman et Salim Nasser.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -5 fevrier 1949 :<o:p></o:p>

    Libanais et syriens discutent d’eventuels pourparlers d’armistice.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -19 fevrier 1949 :<o:p></o:p>

    La police recherche des armes et saisit des canifs.<o:p></o:p>

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    -22 fevrier 1949 :<o:p></o:p>

    Arrivee de la Commission de conciliation sur la Palestine : Beyrouth exige le rapatriement des refugies. La Commission se rend le 24 a Tel-Aviv.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -25 fevrier 1949 : Feu vert syrien au Liban pour negocier seul un armistice :<o:p></o:p>

    Arrive la veille a Beyrouth, le Premier ministre syrien Khaled el –Azem donne le feu vert de son gouvernement a des negociations du Liban avec les israeliens et signe un accord ameliorant les relations economiques entre les deux pays.<o:p></o:p>

    L’accord supprime la Mira, retablit le libre transport des cereales, la liberte du commerce des carburants des le 1er mars avec suppression du rationnement et cree une commission mixte pour elaborer un projet de traite economique. Mais les syriens demandent toujours une limitation des importations, ce que le Liban ne peut pas accepter.<o:p></o:p>

    Le leader syrien met en garde les libanais contre les menees suspectes du PPS et PC dans les deux pays et les informe que la situation politique en Syrie empeche l’ouverture de negociations avec les israeliens. De ce fait, le Liban peut engager des negociations sans attendre la Syrie.<o:p></o:p>

    Le 5 du mois, une conference libano-syrienne s’etait tenue a Bhamdoun pour unifier les positions face a l’invitation soumise le 31 janvier par Ralph Bunche, mediateur de l’ONU, relative aux pourparlers d’armistice. Riad el –Solh et Hamid Frangieh representaient le Liban, Khaled el –Azem et Mohsen Barazi, ministre de l’Instruction publique, la Syrie.<o:p></o:p>

    Les entretiens avaient porte sur le principe et les modalites des negociations, la demande sioniste concernant le retrait des forces syriennes de Palestine, la demande libanaise d’evacuation des localites occupees et le caractere des pourparlers eventuels.<o:p></o:p>

    Beyrouth exige le rapatriement des refugies :<o:p></o:p>

    Le 22 fevrier, la Commission de Conciliation pour la Palestine, presidee par un americain et comprenant un francais et un turc, etait arrivee a Beyrouth, derniere etape d’une tournee des capitales arabes. Elle est rejointe le lendemain par le general Riley, chef d’etat-major des observateurs de l’ONU.<o:p></o:p>

    Beyrouth demanda a la commission l’evacuation des villages occupes du Sud, le rapatriement des refugies palestiniens et l’internationalisation de Jerusalem. Les delegues ecouterent sans se prononcer et quitterent le 24 pour Tel-Aviv.<o:p></o:p>

    Le meme jour, Beyrouth apprit la conclusion d’un accord d’armistice entre egyptiens et israeliens a Rhodes et accepta alors de negocier un armistice mais a Nakoura.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -26 fevrier 1949 :<o:p></o:p>

    Le gouvernement parle de desarmement et s’attire les commentaires ironiques de la presse.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -27 fevrier 1949 : Desarmement : Le Jour ironise :<o:p></o:p>

    Ironisant sur la campagne de desarmement, Le Jour ecrit : « Le Serail est incapable de se reformer ou de reformer quoi que ce soit…Le reglement de la circulation n’est plus qu’un souvenir. Pendant un mois, des agents illetres et arrogants ont verbalise, traitant les passants en ennemis. Puis tout est tombe dans l’oubli. Aujourd’hui, le desordre ne fait que s’aggraver.<o:p></o:p>

    La chasse aux armes a donne les resultats que l’on sait, c’est-a-dire le neant. Pendant une semaine, des policiers ont perdu leur temps a ennuyer les honnetes gens par des fouilles inutiles. Les quelques canifs saisis sont un maigre butin…Des particuliers detiennent revolvers, fusils et mitrailleuses. Ils sont connus de la Police qui n’ose pas se frotter a eux ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -1er mars 1949 :<o:p></o:p>

    Ouverture a Nakoura des negociations d’armistice.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -9 mars 1949 : Atterrissage force d’un avion de ligne israelien :<o:p></o:p>

    La tempete oblige un avion israelien reliant Tel-Aviv a Nicosie a atterrir a Bir Hassan. Les 31 passagers et 4 membres d’equipage sont loges a l’hotel Ambassador a Bhamdoun ou tout contact et appel vers l’etranger leur sont interdits. L’appareil est autorise le lendemain a reprendre son vol avec ses passagers.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -10 mars 1949 : 20 millions pour les refugies :<o:p></o:p>

    Depuis l’arrivee des refugies palestiniens, le Tresor a debourse 20 millions de livres, soit une contribution indirecte de 200 livres par habitant. A titre de comparaison, l’assistance fournie par l’Egypte aux refugies qu’elle a recus, a coute a chaque egyptien 50 livres. A cette date, on estime a 120000 le nombre des refugies au Liban.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -10 mars 1949 : La Surete Generale a Kantari :<o:p></o:p>

    La Surete Generale se deplace du Petit –Serail et s’installe a Kantari dans l’immeuble, requisitionne, appartenant a Philippe et Toufic Doumit el –Khoury.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -23 mars 1949 :<o:p></o:p>

    Attentat manque contre le journaliste Toufic Metni.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -23 mars 1949 : L’armistice libano-israelien signe a Nakoura :<o:p></o:p>

    Negocie depuis le 1er mars sous l’egide de l’ONU, l’armistice est signe a Nakoura par la delegation libanaise. Presidee par le colonel Toufic Salem, elle comprend le capitaine Joseph Harb et Mohammed Ali Hamade, conseiller juridique delegue par les Affaires Etrangeres. L’armistice entre immediatement en application car n’ayant pas besoin de ratification.<o:p></o:p>

    Precisant que l’accord a ete negocie en execution d’une decision du Conseil de Securite de l’ONU, Fouad Ammoun, secretaire general des Affaires Etrangeres, declare a la presse que l’accord est de caractere exclusivement militaire et ne saurait porter prejudice aux droits et revendications de l’une ou l’autre partie dans le reglement final de la question palestinienne.<o:p></o:p>

    Les dispositions de l’accord :<o:p></o:p>

    Comprenant un preambule et 8 articles, l’accord :<o:p></o:p>

    -stipule l’arret de toute action agressive par l’une ou l’autre partie contre la population et les forces armees de l’autre partie, l’armistice etant accepte comme « une etape indispensable vers la liquidation du conflit arme et la restauration de la paix en Palestine » (article 1).<o:p></o:p>

    -interdit le viol des espaces terrestre, aerien et maritime de chaque partie et « tout acte de guerre ou d’hostilite dirige du territoire contrôle par l’une des parties contre l’autre partie » (article 3).<o:p></o:p>

    -n’autorise dans la zone de la ligne de demarcation –frontiere internationale entre le Liban et la Palestine –que des effectifs defensifs. Le retrait des forces vers cette ligne devra etre acheve dans un delai de 10 jours. (article 5).<o:p></o:p>

    -prevoit l’echange des prisonniers (article 6).<o:p></o:p>

    -cree une commission mixte (article 7) siegeant a Nakoura et a Metoullah et qui traitera des litiges entre les parties.<o:p></o:p>

    -reste en vigueur (article 8) jusqu'à un reglement pacifique entre les parties.<o:p></o:p>

    40000 mines au Sud :<o:p></o:p>

    L’evacuation israelienne commence. Elle est entravee par les 40000 mines plantees au Sud et difficiles a eliminer avant la date limite du 2 avril. Pour eviter des pertes, Beyrouth interdit le retour des deplaces avant cette date, le temps de deminer au moins les routes. L’explosion d’une mine tue le 29 un militaire libanais.<o:p></o:p>

    Commentant cet accord, Le Jour ecrit : « On aboutirait a une faillite certaine si on pensait que l’armistice remet tout en ordre. Le gouvernement comprend-il la gravite du changement intervenu ? On dirait au contraire qu’il a hate de revenir a l’improvisation et aux moyens de facilite. La maniere dont on est gouverne menera rapidement a une impasse. Des habitudes et des methodes vieilles de mille ans sont encore en honneur au vingtieme siecle. Quand on a pour voisin un Etat juif, on s’efforce d’etre a la page et de suivre la marche du progres. C’est une question de vie ou de mort ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -2 avril 1949 :<o:p></o:p>

    L’evacuation des localites occupees du Sud est achevee.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -7 avril 1949 :<o:p></o:p>

    La Commission de Conciliation sur la Palestine quitte le Liban.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -11 avril 1949 :<o:p></o:p>

    Brigade speciale pour controler les prix et lutter contre l’accaparement.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -11 avril 1949 : Le PPS proteste :<o:p></o:p>

    A la suite de l’arrestation de 3 de ses membres apres l’attentat contre le journaliste Toufic Metni, le PPS proclame le 11 dans un communique son innocence et prie les journaux d’eviter les accusations a la legere.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -29 avril 1949 : 10h de combats contre un criminel :<o:p></o:p>

    Il a fallu une bataille rangee de 10h aux gendarmes pour venir a bout d’un criminel, Mohammad Zohbi, refugie dans une grotte pres de Tripoli. Encercle, l’homme, condamne a mort par contumace pour 4 meurtres, refusait de se rendre et avait meme annonce avoir tue une 5e personne dont il jeta un doigt aux gendarmes. L’assaut fut donne et la bataille dura 10h car le criminel disposait d’un arsenal. Un gendarme est tue et il fallut faire appel a un blinde qui detruira la grotte sur Zohbi pour venir a bout de la resistance de ce dernier.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -6 mai 1949 : Inauguration du Monument aux Morts de l’Armee :<o:p></o:p>

    En presence d’une foule de personnalites civiles et militaires, le president Bechara el –Khoury inaugure le Monument aux Morts de l’Armee erige rue Fouad Ier, face au champ de courses. Le chef de l’Etat depose une gerbe sur le nouveau monument, en hommage aux soldats tombes au champ d’honneur, et prononce une allocution celebrant « ceux qui meurent pour le salut et la grandeur de la patrie. Une nation est vivante, dit-il notamment, dans la mesure ou elle entretient la memoire de ses morts heroiques ».<o:p></o:p>

    Le monument est l’œuvre de Rosenheck, architecte francais, professeur a l’Alba, et de Georges Sfeir, entrepreneur.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -15 mai 1949 : Crise avec Damas : des militaires syriens « executent un espion » au Liban. Beyrouth refuse de les livrer a Damas :<o:p></o:p>

    Alors qu’on parlait la veille d’une normalisation totale entre le Liban et la Syrie ou les libanais venaient d’etre autorises a chasser, une grave crise eclate a la suite du meurtre pres de Hasbaya par des soldats syriens d’un paysan Kamal Hussein Youssef, accuse d’espionner en faveur d’Israel.<o:p></o:p>

    Le capitaine Akram Tabbara et ses 3 hommes ont ete arretes par les gendarmes libanais. Husni Zaim reclame a Riad el –Solh leur remise a Damas invoquant invoquant la fraternite d’armes, le fait que la Syrie est encore en etat de guerre avec Israel et que l’action a eu lieu a proximite de recents champs de batailles.<o:p></o:p>

    Sur avis des juristes, Beyrouth refuse et un emissaire libanais explique aux syriens qu’en l’absence d’un traite d’extradition bilaterale, le gouvernement libanais ne peut pas livrer a la Syrie les militaires qui seront juges par les tribunaux libanais, ayant commis un crime au Liban.<o:p></o:p>

    La presse syrienne se dechaine :<o:p></o:p>

    La reaction de Damas est virulente. La Syrie ferme ses frontieres et impose le 18 un embargo total sur ses exportations vers le Liban. En riposte, Beyrouth arrete ses livraisons de ciment et de materiaux de construction a la Syrie et interdit l’entree des journaux syriens qui sont dechaines contre le Liban.<o:p></o:p>

    Radio –Damas rejette les arguments juridiques du Liban et rappelle que les irakiens qui etaient en Transjordanie ou les Allies en France, executaient les espions sans l’accord prealable des autorites nationales. Pour la radio, l’embargo est du au fait que « les dirigeants libanais ne font rien, quand ils n’encouragent pas ces pratiques, pour empecher la contrebande et la reexpedition des produit aux sionistes ».<o:p></o:p>

    Beyrouth resiste aux pressions :<o:p></o:p>

    La riposte libanaise est aussi vive. Un porte-parole gouvernemental rappelle le 19 que les instances judiciaires se sont prononcees contre la livraison des militaires syriens arretes pour « meurtre ». Il ajoute que le gouvernement estime que l’embargo syrien est « une tentative de pression et qu’il ne s’inclinera pas devant les pressions d’où qu’elles viennent. Le Liban est prêt a supporter les consequences car il entend sauvegarder les principes juridiques et la souverainete nationale ». il affirme que les mesures prises sont suffisantes pour faire face aux besoins de la population libanaise.<o:p></o:p>

    Le ton monte. Damas ferme ses frontieres aux vehicules de tourisme, saisit les voitures libanaises se trouvant en Syrie. Beyrouth adopte des mesures similaires.<o:p></o:p>

    Arbitrage egypto-saoudien :<o:p></o:p>

    L’Egypte et l’Arabie Saoudite proposent alors une mediation qui aboutit le 24 a la reouverture des frontieres aux personnes seulement et a la constitution d’une commission mixte chargee de regler le litige. Elle comprend Hamid Frangieh, Philippe Takla et Anis Saleh pour le Liban.<o:p></o:p>

    Mais les echanges commerciaux restent bloques, la presse syrienne est toujours refoulee du Liban et la campagne de presse et de radio contre Beyrouth toujours aussi virulente. Apres deux reunions a la frontiere le 25 et le 26, la commission mixte dresse un constat d’impasse : Damas insiste pour se faire livrer ses soldats, Beyrouth veut les juger au Liban.<o:p></o:p>

    Les deux parties finissent pas s’en remettre a un arbitrage egypto-saoudien et la commission d’arbitrage se reunit le 31.<o:p></o:p>

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    -1er juin 1949 : Beyrouth remet a Damas les militaires syriens arretes :<o:p></o:p>

    Reunie a Beyrouth pour regler le conflit surgi a la suite du refus de Beyrouth de livrer a Damas des militaires ayant commis un meurtre au Liban, la commission d’arbitrage egypto-saoudienne donne raison juridiquement au Liban, moralement et politiquement a la Syrie.<o:p></o:p>

    Il est decide que le Liban livrera les 4 militaires a la Syrie qui les jugera et que les deux parties exprimeront leurs regrets respectifs pour cette affaire. La commission les presse de conclure une convention judiciaire bilaterale.<o:p></o:p>

    Beyrouth remet aussitôt les militaires a la Syrie et les frontieres s’entrouvrent. Le capitaine Tabbara sera condamne a une amende de 70 Livres Syriennes mais est blanchi de l’accusation de meurtre, ayant tue « en etat de legitime defense ».<o:p></o:p>

    Nouvelles incursions syriennes :<o:p></o:p>

    Mais les incursions syriennes continuent. Le 3 juin, une patrouille penetre dans la region de Rachaya puis se retire apres une protestation libanaise. Un communique commun parle « d’erreur ».<o:p></o:p>

    Le 5, nouvelle incursion a Heloue et Deir el –Achaer qui n’est accessible que du territoire syrien. Les syriens recherchent un membre de la famille el –Aryane qui a aide a la capture du capitaine Tabbara. En meme temps, des voitures libanaises sont arretees aux frontieres et leurs marchandises saisies. Suite a une nouvelle plainte libanaise, les marchandises sont rendues et une commission mixte est chargee de delimiter la frontiere dans la region de Deir el –Achaer. Les restrictions aux echanges commerciaux ne sont definitivement levees que le 10 juin.<o:p></o:p>

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    -9 juin 1949 : Accrochages sanglants Phalangistes –PPS a Gemmayze :<o:p></o:p>

    De graves incidents qui font 7 blesses opposent a Gemmayze Phalangistes et PPS a l’issue d’une reunion phalangiste tenue pres des locaux ou le PPS imprime son journal Al Jil al Jadid. Des arrestations sont operees dans les deux camps et des documents compromettants saisis dans l’imprimerie.<o:p></o:p>

    Les Phalangistes avaient organise leur meeting dans le cafe ou le chef du PPS Antoun Saade avait tenu, une semaine auparavant, une reunion oratoire durant laquelle il s’en etait pris aux Phalanges. La tension entre les deux partis etait devenue tres vive du fait de la campagne de presse que le PPS menait depuis des mois contre les Phalanges.<o:p></o:p>

    Alors que s’acheve la reunion phalangiste, Saade sort de l’imprimerie. Il est salue par ses partisans aux cris « Vive la Syrie, vive la Zaim » (Saade). Des phalangistes repliquent « Vive le Liban, vive Pierre Gemayel ». Il n’en fallut pas plus pour declencher l’affrontement.<o:p></o:p>

    Un coup de feu est tire par un PPS, selon des temoins. La fusillade devient vite generale. 7 PPS sont blesses et leurs camarades, barricades dans les locaux de l’imprimerie, sont assieges par des phalangistes qui y mettent le feu. Ils en font sortir 18 PPS qu’ils remettront aux gendarmes, arrives sur les lieux des affrontements.<o:p></o:p>

    Ces derniers arretent aussi 9 phalangistes dont Louis Abou –Charaf et Jean Abi –Rached. Dans l’imprimerie, ils trouvent deux mitrailleuses, des armes de guerre, une caisse de grenades, des tracts seditieux. Alerte, le gouvernement ordonne de pourchasser les membres du PPS.<o:p></o:p>

    En 24h, pres de 250 sont arretes. La rafle est sans precedent dans les annales judiciaires. L’affaire est confiee a la justice militaire. Selon des milieux autorises, le gouvernement, au courant de menees seditieuses du PPS, allait sevir. L’incident de Gemmayze a precipite son action.<o:p></o:p>

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    -21 juin 1949 : Le PPS accuse de preparer un coup de force :<o:p></o:p>

    Le directeur de la Surete Generale, l’Emir Farid Chehab, declare detenir des « documents etablissant sans doute possible que le PPS preparait un coup de force contre le regime et etait de connivence avec les sionistes ».<o:p></o:p>

    L’accusation est lancee alors que la chasse aux membres du parti se generalise. Le 11 juin, a la suite des incidents de Gemmayze, le PPS qui avait ete autorise le 2 mai 1944, avait ete dissous et les autorites avaient fait etat de la saisie de documents etablissant que le parti complotait contre la securite de l’Etat. Pres de 300 PPS ont ete deja arretes, la prison des Sables est pleine a craquer et on entasse les detenus dans les locaux inoccupes de l’UNESCO.<o:p></o:p>

    L’epuration anti –PPS s’etend aux fonctionnaires de l’Etat affilies au parti (ils seraient 200). Ils sont licencies ou suspendus de leurs fonctions. Le 14, la rafle atteint les forces de l’ordre et l’armee. Le colonel Cesar Yammine que l’on soupconne d’etre le conseiller militaire du PPS, est apprehende. Il admet avoir entraine des membres du parti mais affirme qu’il pensait qu’il s’agissait de volontaires pour la Palestine.<o:p></o:p>

    Tracts de Saade qui reste introuvable :<o:p></o:p>

    Mais Antoun Saade, chef du parti, reste introuvable. Dans la nuit du 22, il reussit a faire distribuer a Beyrouth un tract adresse a ses partisans et a la nation syrienne et affirmant que les poursuites contre le Parti ne font que raffermir ses resolutions. Le lendemain, dans une interview au journal syrien Al Alam, il refute les accusations de collusion avec les sionistes. Cette interview amene a penser que Saade est en Syrie. Beyrouth demande son extradition s’il parvenait a se refugier en Syrie ou dans tout autre pays arabe.<o:p></o:p>

    Un proces monstre se prepare. Le Pouvoir attaque le PPS sur deux fronts : complot arme contre l’Etat et propagande antinationale surtout aupres des refugies palestiniens dont plusieurs ont adhere au parti.<o:p></o:p>

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    -1er juillet 1949 :<o:p></o:p>

    Bagarres entre PPS et communistes a Amioun.<o:p></o:p>

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    -6 juillet 1949 : Serie d’attaques armees du PPS qui est accuse d’avoir prepare un coup d’Etat :<o:p></o:p>

    A la suite d’attaques contre des postes de gendarmerie, de la decouverte de depots d’armes et d’un rapport sur le deroulement de la sedition, le ministre de l’Interieur, Gabriel Murr, accuse le PPS d’avoir prepare un coup d’Etat pour s’emparer du pouvoir et realiser la Grande-Syrie.<o:p></o:p>

    Selon le rapport, la rebellion devait commencer au Sud avec l’aide d’elements infiltres de Syrie et apres des attaques contre des postes de gendarmerie. Elle devait etre suivie d’un mouvement similaire au Mont –Liban.<o:p></o:p>

    Agressions en serie :<o:p></o:p>

    Des le debut du mois, les PPS avaient declenche leurs attaques de postes de gendarmerie. Dans la nuit du 2 au 3 juillet, 8 elements attaquerent celui de Haret Hreik. Ils furent repousses mais 2 gendarmes sont blesses et l’un mourra. A la meme heure, le poste de Mtein est attaque par une trentaine d’individus. Un gendarme est grievement blesse. La garde est renforcee autour des batiments officiels et des domiciles des responsables.<o:p></o:p>

    Dans la nuit du 4 au 5, des PPS, aides de syriens commandes par Zeid Hassan el –Attrache, se dirigent vers Rachaya. Une patrouille les intercepte et les oblige a se replier en Syrie ou l’Emir et ses hommes sont arretes. Mais Damas refuse de les livrer a Beyrouth.<o:p></o:p>

    Un peu plus tard, une soixantaine de PPS dont des palestiniens et des syriens attaquent le poste de Machghara. Ses trois defenseurs resistent jusqu'à l’arrivee de renforts. Au terme d’une heure de combats, les assaillants se replient, laissant 3 tues dont le chef de la section PPS dans la region, Assad Karam, ancien militaire licencie. Les gendarmes ont 2 blesses.<o:p></o:p>

    Le capitaine Chamoun tue :<o:p></o:p>

    Le 5 juillet, des PPS sont signales dans le bois de Serhamoul, caza de Aley. Le capitaine Toufic Chamoun, commandant de la region, demande des renforts. Alors qu’il effectue une mission d’inspection, il est tue d’une balle en pleine tete. L’armee cerne la region et somme les PPS de se rendre. Au nombre d’une centaine, ils se livrent le lendemain.<o:p></o:p>

    La veille, l’armee avait saisi sur des PPS 5000 exemplaires d’un tract signe par Saade, appelant les membres du parti ou qu’ils se trouvent, a la rebellion. L’appel est intitule : Premiere revolution populaire.<o:p></o:p>

    Dynamitages de maisons :<o:p></o:p>

    La chasse aux PPS s’accompagne de mesures de represailles. A Machghara, Karaoun et ailleurs, des maisons de PPS sont dynamitees. Les operations de nettoyage sont soutenues par Damas. La Syrie ferme ses frontieres pour couper la retraite aux PPS.<o:p></o:p>

    Alors qu’on decouvre des depots d’armes, le nombre de prisonniers PPS atteint 900. Les prisons et les salles de l’UNESCO etant bondees, des casernes sont transformees en maisons d’arret. Mais bientôt ne restent en detention que ceux ayant porte les armes contre l’Etat ou participe activement a la sedition.<o:p></o:p>

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    -8 juillet 1949 : Arrete a Damas et livre a Beyrouth :<o:p></o:p>

    Antoun Saade est juge a huis clos, condamne a mort et aussitôt fusille :<o:p></o:p>

    Antoun Saade n’est plus. Livre par Damas aux libanais dans la nuit du mercredi 6, le chef du PPS a ete condamne a mort le 7 a 20h par le Tribunal Militaire siegeant a huis clos. La commission des graces confirme le jugement, le chef de l’Etat signe un decret en ce sens et le 8 a 3h40, Saade est passe par les armes pres de la prison des Sables.<o:p></o:p>

    A 3h du matin, on vient chercher Saade dans sa cellule. Il s’isole avec un pretre grec-orthodoxe puis reclame une tasse de cafe, grille une cigarette, redige son testament. Il est emu. Il laisse une femme et trois filles dont la benjamine a quelques mois.<o:p></o:p>

    3h30. Des soldats se saisissent de Saade qui est calme. Quelques minutes plus tard, on est sur les lieux de l’execution. Les yeux bandes, les mains liees derriere le dos, on l’attache a un poteau et on l’oblige a se mettre a genoux. Les reglements de l’armee exigent qu’il soit execute dans cette position. Feu, commande un officier. Saade s’affaisse foudroye. Moins de 24h se sont ecoulees entre son arrestation et son execution.<o:p></o:p>

    Black out total sur l’affaire :<o:p></o:p>

    Depuis la dissolution en juin du PPS, Saade etait introuvable. Mais dans la nuit du mercredi a jeudi, il est arrete a Damas par les syriens qui le livrent a la frontiere a l’Emir Farid Chehab, directeur de la Surete libanaise. Conduit a la caserne de gendarmerie de Furn el –Chebback, il y est incarcere.<o:p></o:p>

    Jeudi matin, un conseil des ministres extraordinaire decide qu’il sera juge sur base de l’etat d’urgence, proclame en mai 1948, et institue un black out total sur l’affaire. Rondement menee, l’instruction est terminee vers midi. Le Tribunal Militaire siege a 13h.<o:p></o:p>

    Preside par le commandant Anwar Karam, il comprend le capitaine Semrani, le lieutenant Ahdab, le juge Gabriel Bassila, le procureur general Youssef Charbel et le substitut Michel Talhame. Emile Lahoud qui defend l’accuse demande un delai de 48h pour etudier le dossier. Le tribunal refuse et Lahoud se desiste. Le lieutenant Elias Rizkallah est designe d’office avocat de la defense.<o:p></o:p>

    7 temoins a charge :<o:p></o:p>

    Le proces se deroule a huis clos. Seuls le ministre de la Defense et quelques officiers y assistent. La circulation est interdite rue Fouad Ier ou siege le tribunal comme dans un camp retranche. La presse n’est admise que durant une courte suspension des debats vers 17h. Dans le box des accuses, se tient un homme calme mais fatigue, au regard triste. Il n’a mange que 2 bananes depuis le matin. Aucun propos n’est echange.<o:p></o:p>

    Saade est accuse de complot contre le regime, de rebellion armee ayant recu debut d’execution. Il nie etre l’auteur de tracts appelant a la revolte. 7 temoins de l’accusation, syriens, palestiniens et libanais, confirment qu’il a appele dans la region de Rachaya au soulevement arme.<o:p></o:p>

    Le procureur general accable le prevenu et demande la peine capitale pour attentat arme en vue de renverser le regime. Saade va parler 2h. Il rappelle notamment les persecutions dont ont ete l’objet depuis les incidents de Gemmayze les membres du PPS qui ont du finalement riposter. Il explique ensuite longuement la philosophie politique de son mouvement.<o:p></o:p>

    Veines interventions :<o:p></o:p>

    Les debats sont clos a 19h30. A 20h, le tribunal condamne Saade a mort. Extenue, avec un pale sourire ou se melent desespoir et amertume, le Zaim est conduit menottes aux poignets a la prison des Sables. Aussitôt connue la condamnation a mort, Kamal Joumblatt, Khalil el –Khoury, Henri Pharaon notamment demandent au chef de l’Etat de la commuer en prison a vie. Mais Riad el –Solh insiste pour que la peine soit executee. Et Bechara el –Khoury refuse toute clemence.<o:p></o:p>

    7h apres sa condamnation, Saade est fusille pres de Mar Elias Btina. Son corps, place dans un cercueil de bois de caisses, est aussitôt enterre.<o:p></o:p>

    La nouvelle de sa mort trouve d’abord peu de creance parmi ses partisans. Les photos publiees dans la presse leur apportent les preuves irrefutables de sa comparution devant le Tribunal Militaire. Des lettre de menaces sont alors recues par de hauts responsables, ce qui accentue la chasse aux PPS et a Georges Abdel –Massih qui a succede a Saade a la tete du parti.<o:p></o:p>

    La version officielle :<o:p></o:p>

    Le Pouvoir tente au debut de faire accrediter la version selon laquelle Saade a ete arrete dans la region de Rachaya par les libanais, apres avoir ete refoule de Syrie. Husni Zaim, embarrasse par l’affaire, dementira aussi l’avoir livre. Mais on apprendra de sources diverses que le leader syrien avait non seulement fait remettre Saade a l’Emir Farid Chehab mais avait aussi demande a ce dernier de le faire abattre sur le chemin vers Beyrouth en pretextant une tentative d’evasion.<o:p></o:p>

    Ses dernieres volontes :<o:p></o:p>

    Quand on vient le chercher, Saade demande si, comme il l’a souhaite, sa femme et ses filles ont ete amenees pour les derniers adieux. « Non », dit-on. Ses yeux s’embuent. « En Afrique, on respecte la derniere volonte d’un condamne », dit-il.<o:p></o:p>

    Puis le juge Farid Boulos donne lecture de son testament. Saade declare « leguer quelques terrains a Dhour Choueir a mon epouse Juliette Mir Saade et a mes filles Safiya, Elissar et Raghida, ainsi que 400 livres syriennes deposees au coffre de la prison…Je souhaite que ma femme soit designee tutrice de mes filles mineures ».<o:p></o:p>

    En quittant sa cellule, il declare qu’il aurait prefere etre abattu d’une balle sur la route, « pour qu l’Histoire ne porte pas la forfaiture de ma livraison au passif du Liban et de la Syrie ».<o:p></o:p>

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    -9 juillet 1949 : La tete de Abdel –Massih mise a prix :<o:p></o:p>

    Radio –Liban annonce qu’une prime de 10000 livres est accordee a quiconque facilitera la capture de Georges Abdel –Massih, successeur de Saade a la tete du PPS et chef des insurges dans les bois de Serhamoul. Abdel –Massih est un des plus anciens lieutenants de Saade et son ami le plus devoue. Les recherches continuent egalement pour mettre la main sur Abdallah Kobrossi et Assad el –Achkar.<o:p></o:p>

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    -20 juillet 1949 : Dissolution des mouvements paramilitaires :<o:p></o:p>

    Par decret, toutes les formations paramilitaires sont dissoutes. La mesure touche les Phalanges, les Najjades, les mouvements des Talaeh, An –Nahda, Al –Foutouwa al –Loubnaniya et Al –Ghassassina. La decision fait suite a un incident survenu a la Maison des Phalanges ou, dans la nuit du 17, des gardiens tirerent sur des ouvriers du Port faisant du vacarme. Blesses, deux ouvriers porterent plainte. Une perquisition permit alors de decouvrir des armes et des munitions au siege des Phalanges dont 14 membres qui se trouvaient sur les lieux sont arretes. Mais engage contre le PPS, le gouvernement se borne a poursuivre les auteurs des coups de feu pour port d’armes sans permis et le siege des Phalanges qui avait ete place sous scelles leur est rendu.<o:p></o:p>

    Demission du ministre de l’Interieur :<o:p></o:p>

    La veille, le ministre de l’Interieur, Gabriel Murr, avait demissionne pour raison officielle de sante. En fait, il etait outre que la perquisition de la Maison des Phalanges ait ete effectuee sans son autorisation prealable. Prie de signer le decret de dissolution des mouvements paramilitaires, il a prefere se desister. Sa demission est acceptee et Gabriel Nahas le remplace.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -21 juillet 1949 : Six PPS passes par les armes :<o:p></o:p>

    Six membres du PPS, condamnes a mort par le Tribunal Militaire, sont fusilles a l’aube, leur recours en grace ayant ete rejete. La peine de 6 autres condamnes a mort a ete commuee en prison a vie.<o:p></o:p>

    Les 12 condamnations a mort avaient ete prononcees le 16 dans le cadre du proces de 68 PPS accuses de sedition armee. Les debats etaient publics. Trois accuses furent condamnes aux travaux forces a vie, 5 a 15 ans de travaux forces, 3 a 12 ans, 3 a 10 ans, 39 entre 3 et 7 ans, 3 furent acquittes. La defense etait assuree par Bahige Takieddine, Emile Lahoud, Mohsen Slim et Chaker Abou Sleiman.<o:p></o:p>

    L’acte d’accusation du juge d’instruction Adib Afeiche affirmait que le PPS voulait perpetrer un coup d’Etat et signalait que dans la nuit du 3 au 4 juillet, des PPS furent amenes en bus de Damas a la frontiere libanaise ou Antoun Saade les exhorta a lutter contre les forces de l’Etat.<o:p></o:p>

    Les accuses declarerent avoir ete forces a porter les armes et ceux venus de Damas qu’on leur avait parle de randonnee. Une fois sur place, ils ne pouvaient plus reculer. La defense demanda au tribunal de faire preuve de clemence, les accuses ayant ete devoyes par Saade et ses lieutenants, seuls responsables.<o:p></o:p>

    Le 23 juillet, le Tribunal Militaire juge 31 PPS pour detention illegale d’armes et prononce contre 7 des accuses des peines de 15 jours a 8 mois de prison et acquitte les autres. 31 gendarmes affilies au PPS sont condamnes le 30 a des peines de prison.<o:p></o:p>

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    -23 juillet 1949 : 12 millions a la Defense :<o:p></o:p>

    Le Conseil des ministres accorde un credit de 12 millions pour l’achat d’equipements a la gendarmerie et a l’armee et decide de hater l’entree en vigueur de la loi du service du Drapeau. Decision est prise aussi d’instituer l’entrainement militaire dans les ecoles.<o:p></o:p>

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    -23 juillet 1949 : Mini –guerre au Nord :<o:p></o:p>

    Le gouvernement envoie des renforts au Nord ou une mini –guerre oppose les habitants du village d’Akroun a la tribu des Jaafar. Les 2000 habitants d’Akroun, plus nombreux mais moins armes, se sont refugies dans les collines ou en Syrie. Akroun est a 2h de marche de la plus proche route carrossable.<o:p></o:p>

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    -31 aout 1949 : Derniers verdicts dans l’affaire du PPS :<o:p></o:p>

    Le Tribunal Militaire prononce ses derniers verdicts dans l’affaire du PPS et condamne 4 accuses a 30 mois de prison avec sursis, 10 autres a 18 mois avec sursis et 20 a un an a 6 ans de prison ferme. Les peines de 6 ans sont prononcees contre 6 accuses en fuite. Le tribunal ordonne la saisie des biens des condamnes et le dechoit de leurs droits civiques.<o:p></o:p>

    Le 17, le tribunal avait condamne a mort par contumace Mahmoud Saleh et Georges Abdel –Massih, qui se serait refugie en Turquie avec Abdallah Kobrossi et Elias Gergi. Des peines par contumace de 7 ans de travaux forces a la prison a vie furent prononcees contre 11 accuses et 6 avaient ete acquittes.<o:p></o:p>

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    -20 septembre 1949 : La Surete Generale a Tabaris :<o:p></o:p>

    Installee depuis le 10 mars dans un immeuble requisitionne appartenant aux Doumit el –Khoury a Kantari, la Surete Generale emmenage le 20 a Tabaris. Elle avait ete contrainte de quitter le Petit –Serail qu’il est question de detruire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -22 septembre 1949 : Couvre-feu a Zahle ou des incidents ont fait 2 tues :<o:p></o:p>

    Le couvre-feu est decrete a Zahle ou de sanglants incidents opposant les familles Skaff et Abou Khater ont fait 2 tues et 4 blesses. A la source du conflit, une altercation le 21 au Grand –Serail sur une question de preseance entre les delegations des deux familles venues feliciter le chef de l’Etat. Les Abou Khater avaient ete refoules par Georges Skaff et Chafic Dahrouge et se devaient de laver l’affront.<o:p></o:p>

    Alors que ces 2 hommes traversaient le lendemain la rue a Zahle, ils sont abattus d’une rafale qui blesse 4 passants dont un grievement. Les parents des victimes reagissent et c’est la fusillade generale. L’auto transportant les blesses essuie des tirs et verse dans un ravin. Des renforts sont envoyes dans la ville et des arrestations operees. L’affaire est deferee devant la Cour de Justice.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -29 septembre 1949 : 4 tues a Baalbeck :<o:p></o:p>

    Des incidents entre des membres des Chamass et des Succar font, le 29, quatre tues et 12 blesses dans le caza de Baalbeck. Des renforts sont depeches d’urgence pour eviter une generalisation du desordre et des actions de vendetta tribale.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -7 octobre 1949 :<o:p></o:p>

    Les tribus Dandache et Chamass s’affrontent au Hermel.<o:p></o:p>

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    -29 octobre 1949 : Solh paraphe un pacte de defense interarabe :<o:p></o:p>

    Le chef du gouvernement paraphe au Caire un projet de pacte de defense collective interarabe, adopte par la commission politique de la Ligue et qui stipule notamment que toute agression contre un Etat arabe sera consideree contre tous les autres Etats. Les representants de Bagdad et de Amman ont accepte de signer le pacte apres avoir obtenu l’assurance qu’il n’interdit pas la conclusion ulterieure d’accords bilateraux.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -7 novembre 1949 : Gendarmes contre syndicalistes :<o:p></o:p>

    De violents affrontements opposent Place des Martyrs les gendarmes a des ouvrier manifestant en faveur de la liberte de l’action syndicale. Les bagarres font 11 blesses et une trentaine de manifestants sont arretes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -21 novembre 1949 : Manifestantes arretees :<o:p></o:p>

    Une centaine de femmes d’Achrafieh manifestant contre la cherte des scolarites des ecoles privees se heurtent aux gendarmes qui procedent a leur arrestation collective.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -29 decembre 1949 : 200 candidats a l’emigration en Israel arretes :<o:p></o:p>

    200 juifs libanais et syriens qui s’appretaient a passer clandestinement en Israel sont arretes par les agents de la Surete Generale qui saisissent 9 vedettes et d’importantes sommes d’argent. Montee en cooperation avec les syriens, l’action de la Surete a permis de demanteler une bande, dirigee par une femme d’origine americaine, Zulma Mayer –Cohen Arazi, qui recevait fonds et instructions d’Israel.<o:p></o:p>

    La bande avait des ramifications dans diverses villes dont Alep ou le chef de la section est le rabbin Moussa Tawil, et Damas ou le chef est aussi une femme, Samha Farhi. Au Liban, Mohammed Saif Abdallah, de Khyam, accueillait les emigrants deposes par des embarcations sur les rivages du Sud et les conduisait par la route a Khyam et de la en Israel.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -31 decembre 1949 : Inauguration de l’Hopital Militaire :<o:p></o:p>

    Accompagne du president de la Chambre et des ministres, le chef de l’Etat inaugure l’Hopital Militaire, pres du Musee. Accueilli a l’entree du batiment par le ministre de la Defense et par le commandant en chef de l’armee, il visite tous les services et examine avec interet l’equipement moderne de l’hopital. Un vin d’honneur est servi a la fin de la visite.<o:p></o:p>

    A l’occasion de Noel, le chef de l’Etat avait effectue une visite a Bkerke ou il ne s’est pas rendu depuis 2 ans, retablissant les ponts avec le Patriarche Arida.<o:p></o:p>

    Le 8, Riad el –Solh avait inaugure la raffinerie de Tripoli ou il avait recu un accueil enthousiaste alors que la ville est un centre de l’opposition. Il avait aussi inaugure l’aeroport de Kleyaate, en voie de reamenagement depuis l’ete 1948. cet aerodrome, construit en 1936 par le haut –commissariat, avait ete remis en 1945 au Liban mais sa piste etait devenue impraticable. Mais comme elle etait plus longue que celle de Bir Hassan, Beyrouth decida de la renforcer pour y recevoir les delegues a la conference de l’UNESCO. L’idee fut abandonnee.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -18 janvier 1950 : Compromis avec les rebelles du Hermel :<o:p></o:p>

    Suite a une mediation de Sabri Hamade, un compromis est conclu avec les Dandache, en rebellion chronique depuis des mois. Le 7 du mois, la gendarmerie avait engage des operations de grande envergure pour arreter des repris de justice. L’amnistie proclamee le 16 janvier et couvrant les mefaits des Dandache a facilite cette mediation et 14 membres des Dandache se livrent le lendemain.<o:p></o:p>

    Henri Pharaon denonce a la Chambre ce compromis « desastreux pour la dignite de l’Etat, le pire que les autorites ont accepte depuis 1943. Alors que l’opinion s’attendait a voir les criminels poursuivis et traduits en justice, l’affaire est traitee par des intermediaires en coulisses. Les criminels echappent a la justice et ceux qui se sont livres sont de vulgaires comparses. C’est la un dangereux precedent contre la Loi et contre le Pouvoir ».<o:p></o:p>

    Pour Hamid Frangieh, « Pouvoir et gouvernement ont perdu tout prestige. Comment voulez-vous que le Pouvoir conserve son aureole alors qu’il vient de conclure avec les Dandache un compromis qui les disculpe ? » Frangieh estime que ce compromis cherche a rallier au Cabinet des mecontents et se dit prêt a prouver que Solh et ses ministres travaillent « pour des interets personnels et prives ».<o:p></o:p>

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    -21 janvier 1950 : Attentat anti-israelite : 3 tues :<o:p></o:p>

    L’Ecole de l’Alliance, relevant de la communaute israelite et situee rue Georges Picot est soufflee par une forte charge d’explosifs, deposee au sous-sol. L’attentat fait 3 tues, la directrice Esther Penso, le concierge et un membre de sa famille. L’identite des auteurs de l’attentat ne sont pas connues.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -24 janvier 1950 : Tension a Tyr :<o:p></o:p>

    Une vive tension regne a Tyr a la suite d’incidents armes entre partisans de Kazem el –Khalil, ancien depute de la region, et de Ahmad el –Assaad. Le 18, Mohammed Halawi, partisan des Khalil, avait ete abattu par des partisans des Assaad. Trois jours auparavant, des partisans des Khalil avaient attaque un poste de gendarmerie pour liberer l’un des leurs. Deux gendarmes avaient ete blesses.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -24 janvier 1950 : 135112 refugies au Liban, 81127 en Syrie :<o:p></o:p>

    Selon la Croix-Rouge Internationale, il existe 135112 refugies palestiniens au Liban (dont 23373 a Beyrouth), 81127 en Syrie et 93933 en Jordanie. 25510 des refugies du Liban sont installes dans 3 casernes ou sous des tentes dans 8 camps, situes a Mieh Mieh, Ain el –Heloue, Anjar, Nahr el –Bared, Bourj Brajneh, Dbayeh, Furn el –Chebback et Mar Elias.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -24 janvier 1950 : Mouvement administratif :<o:p></o:p>

    Le lieutenant-colonel Jamil Chehab remplace le colonel Noureddine Rifai a la tete de la gendarmerie, Anis Saleh devient directeur par interim de l’Interieur, Ibrahim el –Ahdab, directeur des Travaux Publics, Mohammed Sabra, directeur de l’Information, Naim Ayache, mohafez du Mont –Liban et Nazem Akkari, mohafez du Liban –Nord.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -29 janvier 1950 :<o:p></o:p>

    Gendarmes contre ouvriers : 1 tue, 4 blesses.<o:p></o:p>

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    -31 janvier 1950 : Quand la police fait du zele :<o:p></o:p>

    Evade d’Asfouriye, un palestinien ameute la police a Bab –Idriss, affirmant qu’une voiture qui passait lui a ete volee. Les gendarmes somment le conducteur d’exhiber ses papiers. L’homme qu’il vehicule le lui interdit. Les agents brisent alors la vitre de la portiere et malmenent les deux passagers dont l’un est le consul d’URSS a Damas. Entre-temps, le plaignant a disparu.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -6 fevrier 1950 : Organisation de l’aviation militaire :<o:p></o:p>

    Un decret organise l’aviation militaire qui se compose de personnel volant (pilotes, navigants, parachutistes) et terrestre. Les pilotes seront recrutes par concours, parmi les officiers et les sous-officiers (5%). Les candidats sachant deja piloter doivent avoir entre 18 et 29 ans, les autres entre 18 et 25 ans.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -15 fevrier 1950 :<o:p></o:p>

    Nouvelles arrestations dans les rangs du PPS.<o:p></o:p>

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    -11 mars 1950 : Nationalite libanaise aux volontaires yougoslaves :<o:p></o:p>

    Le Conseil des ministres decide d’accorder la nationalite libanaise aux volontaires yougoslaves qui s’etaient battus contre les sionistes en 1948 et qui pourraient etre cadres dans l’armee s’ils le desirent. Aucune indication n’est fournie concernant leur nombre.<o:p></o:p>

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    -12 mars 1950 : 26 manifestantes feministes arretees :<o:p></o:p>

    Les gendarmes arretent 26 manifestantes et saisissent la couronne qu’elles avaient deposee au pied du monument aux Martyrs. Le 8, dans le cadre de la Journee Mondiale de la Femme, les associations feminines avaient denonce la situation de la femme dans le pays dont la Constitution et la loi electorale n’accordent le droit de vote et d’eligibilite qu’aux hommes, et releve que l’ouvriere n’a pas droit au minimum vital (76 LL), d’où la tendance des industriels a embaucher des femmes qui leur reviennent moins cher.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -14 mars 1950 : Loi imposant l’etat d’alerte avec pouvoirs elargis au gouvernement :<o:p></o:p>

    La Chambre vote une loi imposant l’etat d’alerte et accordant des pouvoirs elargis au gouvernement. L’article unique de la loi dit :<o:p></o:p>

    « En cas de proclamation de l’etat d’alerte sur tout ou partie du territoire libanais, s’expose a une detention temporaire quiconque entreprend ou tente d’entreprendre une activite au service d’un groupement dissous. S’expose a la meme sanction quiconque incite a une telle activite par des discours, des ecrits ou tout autre moyen de propagande.<o:p></o:p>

    Il est interdit aux tribunaux d’accorder des circonstances attenuantes aux auteurs des crimes commis durant l’etat d’alerte, et qui se rapportent a la detention, le transport et le trafic des armes de guerre ou prohibees.<o:p></o:p>

    Le ministere de l’Interieur est habilite a interdire en toute circonstance pour une periode determinee la publication de nouvelles susceptibles de porter atteinte a l’ordre public…Le contrevenant sera passible de 3 mois a 2 ans de prison ».<o:p></o:p>

    Ont vote contre la loi Camille Chamoun, Sami el –Solh, Kamal Joumblatt, Sleiman el –Ali et Nassouh Agha el –Fadel.<o:p></o:p>

    Le ministere de l’Interieur interdit aux journaux de publier toute information ou rumeur relative au PPS et au PC, a leurs activites et aux poursuites dont ils font l’objet. La presse n’est autorisee a publier que les communiques officiels.<o:p></o:p>

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    -11 avril 1950 : Pacte de securite interarabe paraphe au Caire :<o:p></o:p>

    Le Liban paraphe au Caire un Traite de Defense Commune et de Collaboration Economique qui stipule :<o:p></o:p>

    ARTICLE 1 : Les pays arabes proclament leurs intentions de resoudre tous leurs problemes par la voie pacifique.<o:p></o:p>

    ARTICLE 2 : Toute attaque armee contre un Etat est consideree dirigee contre tous. Tous les Etats arabes aideront l’Etat attaque.<o:p></o:p>

    ARTICLE 3 : Les Etats arabes se consulteront si l’independance ou la securite d’un des Etats est menacee.<o:p></o:p>

    ARTICLE 4 : Les Etats arabes collaboreront pour preparer leur defense.<o:p></o:p>

    ARTICLE 5 : Un comite forme de representants des etats-majors organisera un plan defensif.<o:p></o:p>

    ARTICLE 6 : Un Conseil de Defense Commune est cree, compose des ministres des Affaires Etrangeres et de la Defense des Etats membres.<o:p></o:p>

    ARTICLE 7 : Un Comite Economique Permanent est compose des ministres des Finances et de l’Economie.<o:p></o:p>

    L’adoption du pacte cour-circuite les tentatives du roi Abdallah de negocier seul avec Israel. La Ligue a implicitement rejete toute annexion de tout ou partie de la Palestine par un Etat arabe et toute negociation directe et separee entre un pays de la Ligue et Israel.<o:p></o:p>

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    -27 avril 1950 :<o:p></o:p>

    Beyrouth interdit aux juifs libanais d’emigrer en Israel.<o:p></o:p>

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    -2 mai 1950 : Creation d’un Service de Renseignements :<o:p></o:p>

    Un Service de Renseignements est cree au ministere de l’Interieur avec pour mission de recueillir des informations sur les organisations secretes ou interdites et de surveiller les activites des individus suspects. Il s’occupera aussi de tout ce qui touche la securite de l’Etat, au plan politique et economique, dont le contrôle de l’entree et du sejour des etrangers et leur expulsion. Des membres du Service pourraient, si besoin est, etre postes aux frontieres pour viser les passeports. Les agents de ce Service soumettront regulierement des rapports au ministere de l’Interieur et son directeur pourra demander l’aide de la police pour mener a bien son action.<o:p></o:p>

    Au moment de sa creation, le Service comprend 106 employes dont certains detaches de la Surete Generale. Sa direction est confiee a l’Emir Farid Chehab.<o:p></o:p>

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    -6 mai 1950 : Onze tues dans des combats entre chiites et maronites a Yammoune :<o:p></o:p>

    Des combats dans la region de Yammoune entre des membres de la famille des Chraif et de la famille des Abi Younes, originaires de Akoura, font 11 tues et plusieurs blesses et obligent l’armee a s’installer dans la region.<o:p></o:p>

    A la source des combats, une bagarre entre des bergers des deux familles. Elle degenere et des renforts arrivent aux deux parties. Bientôt une bataille rangee eclate et des revolvers, fusils et mitraillettes sont utilises. Commences dans l’apres-midi, les echanges de tirs durent et quand les gendarmes s’interposent, on denombre 9 tues et de nombreux blesses dont deux decedent. Le lendemain, l’armee s’installe dans la region.<o:p></o:p>

    Yammoune, localite de 500 habitants, est a 1 Km de Mrah el –Loz, habite par les Abi Younes. Proprietaires de troupeaux, ces derniers sont relativement riches par rapport aux Chraif. Mais, plus puissants, ces derniers les razzient et les rackettent.<o:p></o:p>

    Les Chraif etant chiites et les Abi Younes maronites, les tribus Jaafar, Chamass, Kanaan et Nassif se mobilisent pour aider les premiers et les localites de Deir el –Ahmar, Aynata, Zarazir et Btedhi en faveur des seconds.<o:p></o:p>

    Le gouvernement envoie Sabri Hamade pour calmer les chiites et Nadra et Kabalan Issa el –Khoury interviennent aupres des Abi Younes. La Cour de Justice est saisie de l’affaire.<o:p></o:p>

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    -2 juin 1950 : Insecurite :<o:p></o:p>

    Un conflit oppose a Baalbeck les tribus Yaghi et Raad qui font un tue et un blesse. Au Sud, des incidents entre partisans de Youssef el –Zein et de Ahmad el –Assaad font 6 blesses. 29000 citoyens signent une requete demandant le desarmement de la population.<o:p></o:p>

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    -5 juin 1950 :<o:p></o:p>

    Accrochages au Sud entre partisans des Zein et des Assaad.<o:p></o:p>

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    -15 juin 1950 : Conflit entre Police et Surete :<o:p></o:p>

    Suite a un conflit de prerogatives entre la Police de Nasser Raad et la Surete de l’Emir Farid Chehab, le ministre de l’Interieur decide que le contrôle des personnes entrant et sortant du Liban releve de la Surete qui controlera donc le port et l’aeroport. Mais deux postes de police y seront crees pour assurer l’ordre. La delivrance de passeports releve de la Police.<o:p></o:p>

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    -15 juin 1950 : Le Liban se retire de Geneve :<o:p></o:p>

    Apres l’Egypte et la Syrie, le Liban annonce son retrait officiel des entretiens de Geneve visant a former des commissions de paix israelo-arabes. La raison de ces retraits est le refus israelien de discuter du retour des refugies, sauf dans le cadre d’un accord de paix.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -17 juin 1950 : Signature du Pacte de Defense Collective arabe :<o:p></o:p>

    Riad el –Solh signe a Alexandrie le Pacte de Defense Collective arabe dont le projet avait ete paraphe le 13 avril au Caire. Le Pacte est signe aussi par la Syrie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Yemen mais non par l’Irak ni la Jordanie dont les relations sont tendues avec l’Egypte. Cette double defection vide de son contenu la portee du Pacte. Solh qui a tente une mediation entre Amman et Le Caire regagne le 18 Beyrouth.<o:p></o:p>

    Cette signature a ete precipitee par la Declaration du 25 mai de la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sur le Proche-Orient. En reaction a cette declaration, les signataires du Pacte reaffirment le 21 leur souverainete en matiere d’achat d’armes et le droit des refugies au retour et a l’indemnisation, « les meilleurs moyens et les plus surs de preserver la paix et la securite au Moyen-Orient consistant a regler les problemes dans cette region sur la base du droit et de la justice ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -4 juillet 1950 :<o:p></o:p>

    Creation d’une Brigade du Tourisme.<o:p></o:p>

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    -10 juillet 1950 : Incursions repetees des syriens au Liban :<o:p></o:p>

    Pour la 13e fois depuis la rupture de mars, un detachement de forces syriennes penetre au Liban, cette fois dans la region de Kobeyate, a la recherche de marchandises passees en contrebande. Les syriens envahissent des localites situees a 15 Km a l’interieur du Liban, perquisitionnent les maisons, arretent et emmenent en Syrie des habitants. Le ministre de l’Interieur, interroge sur l’incident, se contente de le confirmer.<o:p></o:p>

    L’incident se produit alors que les negociations syro-libanaises pour trouver un nouvel accord economique sont dans l’impasse. Le 11, Damas a interdit aux syriens de se rendre au Liban a l’occasion du Fitr pour « empecher la sortie de capitaux ». Beyrouth se contente d’une faible protestation.<o:p></o:p>

    De vaines negociations se deroulent a Bloudane et a Aley entre les chefs des deux gouvernements. Beyrouth demande toujours le libre deplacement des personnes, des marchandises et des capitaux. Damas refuse et exige que le Liban paye en devises rares ses importations de Syrie (ble surtout) et s’interdise de reexporter ces importations. Le Liban juge ces conditions d’autant moins acceptables qu’il a une creance de 44 millions de Livres Syriennes sur le Tresor syrien et veut regler, au moins partiellement, ses achats avec cette somme.<o:p></o:p>

    En riposte a des mesures similaires prises en Syrie, le ministere de la Justice annonce le 29 l’etude d’un projet de loi interdisant aux syriens de travailler au Liban et fermant les agences etrangeres du pays dirigees par des syriens.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -13 juillet 1950 : Frontieres entre Akoura et Yammoune :<o:p></o:p>

    La commission chargee de trouver une solution aux conflits chroniques entre les habitants de Akoura et de Yammoune delimite, sur base de cartes foncieres, les frontieres entre les deux localites, fixant a chacune ses propres paturages. Le 21, au terme d’une seconde reunion, ces dispositions, confinees dans un rapport, sont remises au gouvernement et portees a la connaissance des interesses.<o:p></o:p>

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    -14 juillet 1950 : L’adolescent etait un prodige : on le condamne :<o:p></o:p>

    Salim Hammouda, 15 ans, avait construit seul, sans aide ni etudes prealables, un emetteur radio. Les autorites de Tripoli l’arretent et le deferent en justice. Son proces, ouvert le 30 juin, s’acheve par sa condamnation a une amende de 1000 Livres avec sursis, vu son jeune age, et par la saisie de son poste. Apres le jugement, l’assistance applaudit le jeune prodige et le porte en triomphe a travers la ville. Selon la presse, une societe etrangere aurait decide de prendre en charge ce jeune surdoue.<o:p></o:p>

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    -24 juillet 1950 : La chasse israelienne tire sur un avion civil libanais : 2 tues, 8 blesses :<o:p></o:p>

    2 tues et 8 blesses, tel est le bilan d’une agression perpetree par un avion de chasse israelien contre un appareil civil libanais de la Compagnie Generale des Transports, reliant Jerusalem a Beyrouth.<o:p></o:p>

    L’avion, un DC-3 avec 24 passagers et 3 membres d’equipage, etait pilote par un francais. Il avait embarque des pelerins et des touristes a Jerusalem et etait a 18h10 dans le ciel de Marjeyoun, a 7000 pieds d’altitude et a 17 minutes de Khalde, lorsqu’un avion frappe de l’etoile de David lui barra la route puis sans coups de semonce, le mitrailla a bout portant. Le pilote, heureusement non touche, reussit a poursuivre sa route et a se poser a Beyrouth.<o:p></o:p>

    Les rafales de l’avion agresseur ont fait 2 tues : un passager, Moise Dweik, qui eut le crane fracasse, et le radio-telegraphiste, Antoine Wazir, qui, atteint de 3 balles, mourut a l’hopital. 8 passagers furent blesses dont une fillette de 8 ans qu’on dut amputer d’une jambe.<o:p></o:p>

    Cet incident, le premier du genre depuis l’armistice de 1949, suscite une vive emotion. Beyrouth adresse une plainte au Conseil de Securite qui la transmet a la commission mixte d’armistice. En depit des temoignages des passagers et de l’equipage, la commission finira par classer l’affaire, estimant que l’avion libanais avait pu survoler sans le savoir ni le vouloir des zones interdites.<o:p></o:p>

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    -25 juillet 1950 : L’affaire Nasser Raad rebondit :<o:p></o:p>

    Alors qu’elle semblait reglee, la crise opposant le directeur de la Police, Nasser Raad, soutenu par Salim el –Khoury, frere du chef de l’Etat, a Riad el –Solh, chef du gouvernement, rebondit.<o:p></o:p>

    Le 23, Solh avait accepte le retour de Raad a la tete de la Police apres des excuses de ce dernier et avait decide que son directeur de cabinet, Nazem Akkari, assurera la coordination entre la Police et le ministere de l’Interieur. Raad avait accepte.<o:p></o:p>

    Mais le 25, apres une visite a Salim el –Khoury, Raad annonce ne pouvoir assumer normalement ses fonctions et se dit prêt a demissionner. Solh en est informe alors qu’il assiste au Dunia a un film sur l’inauguration de la piste de Khalde. Raad se voit alors accorder un nouveau conge administratif d’un mois. Le conflit entre Solh et Salim el –Khoury demeure entier.<o:p></o:p>

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    -27 juillet 1950 : 4 tues et 17 blesses au Akkar :<o:p></o:p>

    Survenus a la suite de razzias au Akkar et de l’enlevement d’une jeune fille, des combats entre les agresseurs, des elements des tribus Jaafar et Dandache du Hermel, et les habitants de la region font 4 tues et 17 blesses. 400 gendarmes n’ayant pas reussi a venir a bout des assaillants, l’armee recoit le 31 l’ordre d’intervenir. C’est le debut d’operations militaires d’envergure qui vont durer des semaines, couvrir la Bekaa et le Hermel et mettre en action blindes et aviation.<o:p></o:p>

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    -28 juillet 1950 : Evade allemand d’Israel :<o:p></o:p>

    Alertes par des pecheurs, les agents de la Surete arretent pres des installations de l’IPC a Tripoli, un homme arrive dans une barque contenant des bidons d’essence et des munitions. Pris pour un agent israelien, il se revele etre un allemand retenu prisonnier en Israel et qui avait reussi a s’echapper.<o:p></o:p>

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    -2 aout 1950 : Bataille rangee de 15h dans le Jurd de Akoura :<o:p></o:p>

    Une bataille rangee de 15h oppose les habitants de Akoura a des assaillants venus de Yammoune. Les affrontements font suite aux combats de mai entre les Abi Younes de Akoura et les Chraif de Yammoune, qui avaient fait 11 tues, en majorite des Chraif, et n’avaient cesse qu’apres l’installation de l’armee dans la region.<o:p></o:p>

    C’est pour venger leurs morts que les Chraif attaquent Akoura avec l’aide des Jaafar et des Chamass, venus de la Bekaa. Mais les Abi Younes ont recu des renforts de Tannourine et de Bcharre et repoussent les assaillants. Bilan de la bataille : 5 tues et 4 blesses.<o:p></o:p>

    Ces combats, a caractere confessionel, risquent de s’etendre. Les maronites d’Ehden et les chiites de Baalbeck menacent d’intervenir et les Dandache arment les Jaafar dans leur lutte contre les habitants chretiens du Akkar.<o:p></o:p>

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    -6 aout 1950 : Lutte contre les espions :<o:p></o:p>

    La Surete Generale est chargee de lutter contre les espions et les agents de l’etranger, contre les saboteurs, les incitateurs aux greves, les propagateurs de rumeurs tendancieuses et contre le communisme sous tous ses aspects.<o:p></o:p>

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    -16 aout 1950 : Les frontieres avec la Syrie :<o:p></o:p>

    Dans une note urgente au Conseil des ministres, les Affaires Etrangeres demandent que soit hatee la constitution de la commission qui doit discuter la delimitation des frontieres avec la Syrie. La note precise que cette delimitation est devenue indispensable, vu la recrudescence de la contrebande et la multiplication des incidents de frontieres et des incursions syriennes.<o:p></o:p>

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    -18 aout 1950 : Incursions au Sud : 2 tues :<o:p></o:p>

    La commission d’armistice, saisie d’une plainte libanaise, conclut que deux libanais, tues par les israeliens au Sud, se trouvaient en territoire libanais quand ils ont ete abattus et non dans le no man’s land comme l’affirme Israel. Le 16, des soldats israeliens avaient penetre dans la region de Rmeich pour voler du betail. Interceptes par une patrouille, ils avaient du se retirer en abandonnant leur butin. La commission d’armistice avait obtenu des excuses du commandant des forces israeliennes basees a la frontiere.<o:p></o:p>

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    -29 aout 1950 : L’armee contre les hors-la-loi dans la Bekaa :<o:p></o:p>

    1200 militaires, appuyes par les blindes et l’aviation, et une centaine de gendarmes, lancent une vaste offensive contre des hors-la-loi dans la Bekaa ou des agressions et des vendettas ont fait 4 tues dont 2 moukhtars.<o:p></o:p>

    Dans la nuit du 24 au 25 aout, des elements de la famille Ismail de Brital qui allaient attaquer le village de Wadi Rihane habites par les Hajj –qui ont tue en juillet 1949 un des leurs –tombent dans une embuscade et ont 2 tues. Pour les Ismail, il faut se venger pour eviter la perte de prestige. Un gendarme, Sobhi Chehab, le fera pour eux. Revenant de l’enterrement des deux victimes, il apercoit a Zahle 2 moukhtars apparentes aux Hajj. Sans hesiter, il les abats. Il est aussitôt arrete.<o:p></o:p>

    Le 28, l’armee exige de Brital de livrer des criminels. Son ultimatum ayant ete ignore, elle passe le 29 a l’offensive. Avec l’aide de l’aviation qui mitraille le jurd, les soldats investissent une trentaine de localites sur une longueur de 35 Km. Fourre par fourre, maison par maison, les villages sont investis et les maisons des hors-la-loi en fuite et celles en ayant abrite son dynamitees. Toute la region est ratissee, le couvre-feu impose et des battues entreprises dans les cavernes des collines. En quelques jours, 267 repris de justice sont arretes.<o:p></o:p>

    Les habitants de la Bekaa sont sommes de livrer 28 personnes impliquees dans les incidents du debut du mois a Yammoune. Le delai passe, l’armee dynamite des maisons a Akoura appartenant aux Abi Younes et d’autres de Yammoune appartenant aux Chraif, Jaafar et Chamass. Cette demonstration de force finit par retablir un semblant de calme dans la region.<o:p></o:p>

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    -2 septembre 1950 : Nasser Raad reintegre ses fonctions :<o:p></o:p>

    Au terme d’un conge administratif par 3 fois renouvele, le directeur de la Police, Nasser Raad, qui, soutenu par Salim el –Khoury, frere du chef de l’Etat, etait en conflit avec Riad el –Solh, reintegre son poste a l’issue d’une entrevue avec ce dernier.<o:p></o:p>

    Une commission groupant Anis Saleh, directeur de l’Interieur, Zahdi Yakan, president de la cour d’appel et Izzat Khourchid, directeur du protocole aux Affaires Etrangeres, est chargee de formuler des suggestions pour reorganiser la Police et la Surete, assurer la liaison et la cooperation entre ces deux services et emettre un avis sur toutes les dispositions relatives a ces services.<o:p></o:p>

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    -8 septembre 1950 : Reprise de l’offensive au Hermel :<o:p></o:p>

    Un ultimatum lance aux Jaafar et aux Chamass ayant ete ignore, l’armee reprend le 8 son offensive au Hermel. Entre-temps, la tension renait au Akkar dont les habitants, rejetant un accord tribal, exigent la tete du chef des Jaafar.<o:p></o:p>

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    -16 septembre 1950 : Un enfant tue au Sud :<o:p></o:p>

    Le ministere de l’Interieur annonce que les israeliens ont tire sur 3 enfants du village de Salha, tuant l’un d’eux et blessant les 2 autres. La commission d’armistice est saisie de l’incident.<o:p></o:p>

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    -26 septembre 1950 : Coup de force syrien contre un train :<o:p></o:p>

    Le train Damas –Beyrouth transportant notamment le courrier fait l’objet d’une mesure unique dans l’histoire des relations syro-libanaises. Des douaniers syriens, entres au Liban, arretent en effet sous la menace le train a Dahr el –Baidar, saisissent tous les sacs postaux et les ramenent en Syrie.<o:p></o:p>

    Beyrouth exige des explications. Damas repond avoir saisi 4 sacs contenant des livres turques –or et 15000 livres syriennes, sorties en contrebande de Syrie. Peu satisfait de la reponse, le Liban arrete le 27 un douanier syrien a Chtaura puis le libere pour ne pas envenimer des relations deja tendues.<o:p></o:p>

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    -29 septembre 1950 : Campagne anti-PC :<o:p></o:p>

    Une campagne est engagee contre le PC interdit. Des mandats d’arret contre des communistes sont lances et une section est creee a la Surete Generale pour reprimer les activites communistes.<o:p></o:p>

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    -16 octobre 1950 : Clovis el –Khazen arrete a la suite du dynamitage du pont de Mayrouba :<o:p></o:p>

    Une cinquantaine de gendarmes procedent a l’arrestation en son domicile de cheikh Clovis el –Khazen, notable du Kesrouane, a la suite d’accusations portees contre lui dans le cadre du dynamitage a Mayrouba d’un pont que devait emprunter le convoi du chef de l’Etat.<o:p></o:p>

    L’affaire remonte au 8 du mois. Ce jour-la, Bechara el –Khoury qui a inaugure a Ghosta un monument a la memoire de Farid el –Khazen, ancien depute du Mont –Liban, doit rendre visite a Faraya a Salim el –Khazen. Mais peu avant l’arrivee de son convoi, un garde-champetre de Mayrouba voit des individus s’activer sous le pont menant a Faraya puis s’enfuir. Il avertit les gendarmes. Mais avant l’arrivee de ces derniers, une forte explosion endommage le pont.<o:p></o:p>

    13 suspects sont arretes et 2 d’entre eux avouent avoir dynamite le pont a l’instigation de Clovis el –Khazen qui voulait empecher la visite du chef de l’Etat a Salim el –Khazen dont elle rehaussait le prestige.<o:p></o:p>

    En depit de ses denegations, Clovis el –Khazen est defere avec 4 complices devant la Cour de Justice et des perquisitions sont operees aux domiciles et bureaux de Raymond Edde, Georges Akl, Kesrouane el –Khazen, Edouard Honein, Abdo Oueidate, Nouhad Boueiz et Albert Moukhaiber, tous du Bloc National.<o:p></o:p>

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    -24 octobre 1950 :<o:p></o:p>

    La police demantele une bande specialisee dans le vol d’appartements.<o:p></o:p>

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    -2 novembre 1950 : L’armee evacue la Bekaa :<o:p></o:p>

    Conformement a une decision du Conseil de Securite Interieure, l’armee et les renforts de gendarmerie entament leur retrait de la Bekaa et regagnent leurs bases. Une brigade sera cependant maintenue a Ablah.<o:p></o:p>

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    -7 novembre 1950 : Disparition d’un voilier avec 35 juifs :<o:p></o:p>

    L’opinion se passionne pour l’affaire d’un voilier, disparu corps et biens au large de Tyr avec 35 juifs, libanais et syriens, qui emigraient clandestinement en Israel. Le proprietaire du voilier, Mohammed Ali Khalife, est arrete et les enqueteurs pensent qu’il avait provoque le naufrage, ayant appris qu’un passager transportait 8000 livres-or. Aucune epave n’est retrouvee mais les israeliens declarent avoir repeche 5 corps au large de Haifa.<o:p></o:p>

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    -24 novembre 1950 : Quatre tues au Sud :<o:p></o:p>

    4 libanais du village de Yaroun sont abattus par une patrouille israelienne alors qu’ils traversaient un champ situe pres de la frontiere. Beyrouth proteste aupres de la commission d’armistice.<o:p></o:p>

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    -2 decembre 1950 : La paix Akoura –Yammoune :<o:p></o:p>

    Un « traite de paix » est conclu entre les Abi Younes de Akoura et les Chraif de Yammoune, en conflit arme chronique depuis des mois. Les plaintes de part et d’autre sont retirees.<o:p></o:p>

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    -7 decembre 1950 : La police embarque les grevistes :<o:p></o:p>

    La police embarque 400 employes de Khalde qui faisaient du sit-in dans les locaux de l’aeroport, pour protester contre la reduction des salaires.<o:p></o:p>

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    -25 decembre 1950 :<o:p></o:p>

    Tirs dementiels a Beyrouth, Noel ayant coincide avec le Maouled.<o:p></o:p>

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    -29 decembre 1950 :<o:p></o:p>

    Le gouvernement abolit les permis de port d’armes militaires.<o:p></o:p>

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    -3 janvier 1951 : Hold-up de fourrures :<o:p></o:p>

    En plein jour, des bandits agressent le fourreur Alec Sisco a Soul Tawile et emportent pour 40000 livres de fourrures. Sisco est ampute de la jambe et ses agresseurs ne sont pas retrouves.<o:p></o:p>

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    -14 janvier 1951 : Incursion syrienne a Chebaa :<o:p></o:p>

    Des soldats syriens penetrent en territoire libanais, investissent le village de Chebaa au Sud, molestent ses habitants, les obligent a leur fournir des vivres puis se retirent en emmenant avec eux une centaine de chevres. Faute de preuves suffisantes, Damas refuse de poursuivre les militaires et de restituer leur butin.<o:p></o:p>

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    -5 fevrier 1951 : Beyrouth saisi d’une demande britannique d’accord militaire :<o:p></o:p>

    Venant de Amman, le general Robertson, commandant en chef des forces britanniques au Moyen-Orient, est recu par le chef de l’Etat et veut savoir si le Liban est prêt a accorder des facilites militaires (passage de troupes, bases) aux occidentaux en cas d’attaque communiste contre la Turquie.<o:p></o:p>

    Rentrant des Nations –Unies, le ministre des Affaires Etrangeres, Philippe Takla, s’etait arrete du 5 au 9 novembre a Londres ou le Premier ministre Bevin lui avait signale que les tensions entre l’Est et l’Ouest risquaient de mener a une guerre mondiale, ce qui empeche tout retrait britannique du canal de Suez et impose un plan de defense occidentale du Moyen-Orient.<o:p></o:p>

    Soulignant les penchants pro-Ouest du Liban comme l’a montre son vote contre la Chine a l’ONU, le chef de l’Etat emet des reserves sur un retour de forces francaises au Liban et refuse que d’eventuelles facilites militaires fassent l’objet d’accords militaires comme avec la Jordanie et l’Irak. Il exige que ces facilites, comme les operations en cas de conflit, restent sous commandement exclusif libanais. Cette fin polie de non-recevoir est repetee par Solh et Takla a Robertson qui ne sera pas plus heureux a Damas ou il se rend le lendemain.<o:p></o:p>

    Depuis la declaration tripartite du 25 mai 1950, les pays arabes sont decus par les occidentaux qui y ont garanti les frontieres de tous les Etats de la region, ce qui tend a transformer les lignes d’armistice en frontieres definitives.<o:p></o:p>

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    -18 mars 1951 : 8 tues et 23 blesses lors d’un meeting electoral a Barouk :<o:p></o:p>

    Un accrochage arme entre forces de l’ordre et partisans de Kamal Joumblatt se solde a Barouk par 8 tues dont un lieutenant et un sergent et 23 blesses.<o:p></o:p>

    L’accrochage est survenu durant un meeting electoral avant l’arrivee de Joumblatt. Alors que les gendarmes fouillaient les arrivants, une altercation eclate entre eux et des membres du PSP. Elle degenere et des coups de feu sont tires. Le lieutenant Bahige Chahrouri, chef du poste de gendarmerie de Ain Zhalta, et le sergent Hussein Hassan sont tues. Les gendarmes ripostent et abattent 3 personnes avant de reprendre la situation en mains. On compte 26 blesses (3 succomberont a leurs blessures) dont 7 gendarmes.<o:p></o:p>

    Les forces de l’ordre procedent a 20 arrestations et saisissent une importante quantite d’armes, de grenades et de munitions. Une centaine de mandats d’amener sont lances. Dans un communique, le gouvernement affirme que « les forces de l’ordre ont ete brusquement attaquees et certains membres de l’assistance ont tente d’arracher aux gendarmes leurs fusils, obligeant ces derniers a riposter apres avoir eu 2 tues et 7 blesses ».<o:p></o:p>

    Les cheikh druzes protestent :<o:p></o:p>

    Le 23, on compte 48 arrestations et une cinquantaine de mandats d’arret sont decernes. L’armee s’installe dans la region et somme les personnes recherchees de se rendre sous peine de voir leurs domiciles dynamites. Le Tribunal Militaire est saisi de l’incident.<o:p></o:p>

    Plusieurs cheikhs druzes, dans un telegramme au chef de l’Etat, protestent en termes durs contre la fouille a laquelle ils furent soumis. Denoncant ces « provocations », Joumblatt accuse Salim el –Khoury d’avoir monte l’incident pour terroriser ses partisans.<o:p></o:p>

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    -7 avril 1951 : Yammoune : c’est reparti :<o:p></o:p>

    De sanglants incidents eclatent de nouveau a Yammoune ou 3 hommes tombent dans une embuscade tendue par les Abi Younes. Les coupables en fuite sont sommes de se livrer sinon leurs maisons seront dynamitees.<o:p></o:p>

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    -10 mai 1951 : Levee de l’etat d’alerte :<o:p></o:p>

    Le Conseil de Securite Interieure abolit l’etat d’alerte impose au Liban le 13 mai 1948, le maintenant dans la seule region frontaliere du Sud.<o:p></o:p>

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    -10 juin 1951 : Le chef de l’Etat, chef supreme des forces armees :<o:p></o:p>

    Toutes les forces armees sont placees sous les ordres du chef de l’Etat dans le cadre d’un decret qui definit aussi les nouvelles prerogatives du ministere de la Defense. Ce dernier est charge de constituer les forces terrestres, navales et aeriennes conformement aux besoins de defense du pays, d’organiser les indutries et entreprises conformement a ces besoins et d’entrainer militairement la jeunesse.<o:p></o:p>

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    -13 juin 1951 :<o:p></o:p>

    Emotion a Zahle apres le meurtre d’une jeune fille par un palestinien.<o:p></o:p>

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    -24 juin 1951 : Bataille rangee au Akkar :<o:p></o:p>

    Bataille rangee au Akkar entre les Jaafar et les habitants. L’armee intervient en force pour mettre un terme aux combats qui ont oppose un millier d’hommes et fait 2 tues et 39 blesses.<o:p></o:p>

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    -1er juillet 1951 : Police contre communistes : 2 tues :<o:p></o:p>

    Deux manifestants sont tues et 7 blesses dans des heurts Place Assour entre la police et des centaines de manifestants criant « A bas les fauteurs de guerre. A bas le Point IV ». Les gendarmes tentent d’abord de les disperser a coups de matraques. Ils sont lapides. Une fusillade eclate. Les manifestants s’enfuient laissant 2 tues et 7 blesses.<o:p></o:p>

    Le chef du gouvernement parle a la Chambre de « douloureuse et regrettable affaire » et le ministre de la Justice, Rachid Karame, accuse les communistes d’etre des « elements de desordre ». Mais Jean Skaff declare qu’il vaut mieux « combattre ce genre de manifestation en luttant contre le chomage non en tirant sur les manifestants », et Ghassan Tueni veut savoir qui ordonna le tir sur les manifestants qui « sont des libanais, non des ennemis ». Reponse des responsables : la police a tire pour se defendre.<o:p></o:p>

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    -7 juillet 1951 : L’armee pour eradiquer le haschich :<o:p></o:p>

    C’est sous la protection des blindes de l’armee que des gendarmes entament la destruction des champs de haschich au Hermel. Les planteurs ont en effet menace de s’opposer a la destruction de cultures fournissant leurs principaux revenus. Le gouvernement tient bon.<o:p></o:p>

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    -16 juillet 1951 : Alors qu’il s’appretait a entrer de Amman :<o:p></o:p>

    Riad el –Solh est assassine par un commando PPS :<o:p></o:p>

    Riad el –Solh est tombe cet apres-midi a Amman sous les balles d’un commando PPS, alors qu’il se rendait du Palais royal a l’aeroport pour rentrer au Liban. Un des trois agresseurs a ete tue, un autre, arrete, se trouve dans un etat critique et le 3e est en fuite. Un deuil national de 3 jours est decrete au Liban.<o:p></o:p>

    Selon le communique jordanien publie juste apres l’attentat, Solh s’appretait a prendre la voiture pour l’aerodrome quand « une voiture inconnue s’est approchee de celle qu’il devait prendre, apres avoir force le cordon de la Garde royale. Plusieurs coups de feu furent tires ». Solh fut atteint au cœur et a la machoire et le Dr. Barbir qui l’accompagnait a la colonne vertebrale. « Ils ont ete transportes aussitôt a l’hopital italien de Amman. La Garde royale a ouvert le feu sur la voiture des agresseurs et blesse un des occupants ».<o:p></o:p>

    En soiree, Radio –Jesrusalem precise que Solh se rendait a l’aeroport « quand sa voiture est abordee par une Hudson immatriculee 1797. Ses occupants ouvrirent le feu l’atteignant de trois balles. Transporte a l’hopital, il n’a pas tarde a succomber. Le Dr. Barbir qui l’accompagnait a ete atteint de blessures legeres.<o:p></o:p>

    L’un des agresseurs, Mikhael Gebrail Dick, de Tripoli –Mina, a ete tue par la police. Le second, Mohammed Abdel –Latif Salahi , cerne par les militaires, s’est tire un coup de feu en pleine poitrine. Il est dans le coma. Le chauffeur de la voiture, du nom de Spiro Wadih, est recherche par les forces de securite. Les faits indiquent que les trois agresseurs appartiennent au Parti Populaire Syrien ».<o:p></o:p>

    Mohammed Salahi, sorti du coma, dira au juge d’instruction : « Nous avons tue Riad el –Solh pour venger Antoun Saade ». Il ne fera aucune revelation. « Je ne me serai pas donne la mort si je voulais denoncer mes complices », dit-il. Il expire deux jours plus tard.<o:p></o:p>

    En visite a Amman depuis le 13 a l’invitation du roi Abdallah, Solh ne s’etait pas fait accompagner de gardes du corps et les jordaniens ne lui avaient pas assure de protection speciale, sa visite n’etant pas officielle.<o:p></o:p>

    Le 14, il fut recu par le roi Abdallah puis avait dejeune a l’ambassade du Liban. Le 15, il est l’hote d’une reception a l’ambassade saoudienne et le 16, apres un dejeuner a l’ambassade du Liban, il etait passe au Palais royal prendre conge du roi. Il comptait regagner le Liban par la route. Mais le roi l’en avait dissuade et lui avait affrete un avion qui l’attendait a l’aeroport.<o:p></o:p>

    Desordres sanglants a Beyrouth :<o:p></o:p>

    La nouvelle de la mort de Solh seme la consternation au Liban. A peine connue, des manifestants dechaines se repandent dans les rues, saccagent et pillent des magasins. Un menuisier du quartier de l’USJ, Khalil Chekri, est poignarde a mort. L’armee ne retablit l’ordre qu’en soiree. Bilan : 1 tue et 9 blesses et 300000 livres de degats. L’assassin de Cekri est arrete le 30, avec des acolytes. Du nom de Mohieddine Saidi, il est gardien a Bir Hassan.<o:p></o:p>

    Le lendemain, des perquisitions aux domiciles et bureaux de leaders du PPS ainsi qu’a l’hebdomadaire Koul Chai, aboutissent a la saisie de documents indiquant la poursuite d’une activite limitee du parti mais sans rapport avec l’assassinat de Solh. Aucune arrestation n’est operee.<o:p></o:p>

    Funerailles nationales :<o:p></o:p>

    Le 18, precedees du chef de l’Etat et des officiels, plus de 20000 personnes conduisent a sa derniere demeure a Ouzai le heros de l’independance. « Ta vie nous a donne de grands enseignements et ta mort nous en donne de plus grands », dira Bechara el –Khoury, visiblement emu, dans l’eloge funebre qu’il prononce pour saluer une derniere fois son compagnon de lutte. Durant les obseques, les commercants en Syrie ont ferme leurs magasins.<o:p></o:p>

    Le 21, une commission parlementaire se rend en Jordanie, suivie du juge d’instruction Adib Afeiche, pour suivre le deroulement de l’enquete.<o:p></o:p>

    Refugie en Syrie :<o:p></o:p>

    En marge de l’enquete au Liban, Beyrouth attire l’attention de Damas sur le danger que constitue l’accroissement de l’activite du PPS en Syrie ou se serait refugie le chauffeur du vehicule qui transportait les meurtriers.<o:p></o:p>

    A la Chambre, les deputes Kobouli Zok, Ali Bazzi et Sleiman Arab, du parti An Nidaa al –Kaoumi, posent deux questions : la premiere porte sur l’attitude du gouvernement envers la Syrie qui autorise les activites du PPS, dissous au Liban, la seconde sur les mesures prises contre ceux qui propagent toujours au Liban la doctrine du PPS et plus generalement contre les libanais qui affichent leur loyalisme a l’egard d’organismes politiques dont le siege central est hors du Liban.<o:p></o:p>

    Se retranchant derriere les imperatifs de l’heure, Yafi refuse de donner des indications sur l’enquete et promet de repondre ulterieurement aux questions.<o:p></o:p>

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    -26 juillet 1951 : La Surete recupere ses prerogatives :<o:p></o:p>

    Un decret restitue a la Surete Generale les prerogatives qui lui furent enlevees au benefice de la Police. Confiee a l’Emir Farid Chehab, elle est de nouveau chargee de controler les etrangers, surveiller les suspects, les refugies et les vagabonds, controler les frontieres, lutter contre la contrebande, delivrer les passeports, enqueter sur les demandes de visas, proteger les personnalites politiques et diplomatiques, controler les publications entrant au pays et centraliser tous ls renseignements relatifs a la securite interieure.<o:p></o:p>

    Ces fonctions avaient ete remises il y a 14 mois a la Police dirigee par Nasser Raad. Leur restitution a la Surete pousse Raad a demander un conge de maladie qui lui est accorde.<o:p></o:p>

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    -2 aout 1951 : Terreur a Saida :<o:p></o:p>

    Une explosion seme la terreur a Saida ou saute une voiture pleine de grenades qui devaient etre introduites en Palestine. Le conducteur est tue et 10 personnes sont blessees. Le black-out est impose sur l’incident.<o:p></o:p>

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    -11 aout 1951 :<o:p></o:p>

    Rafles dans les milieux communistes de la Bekaa.<o:p></o:p>

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    -26 aout 1951 :<o:p></o:p>

    Manifestations de partisans armes de Salim el –Khoury apres un attentat a la bombe contre son domicile.<o:p></o:p>

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    -10 septembre 1951 : Pas d’arrestation apres les manifestations du 26 aout :<o:p></o:p>

    Sanctions dans l’affaire des manifestations du 26 aout des partisans de Salim el –Khoury : 10 a 30 jours d’arret contre des sous-officiers de gendarmerie. Aucune arrestation n’a ete operee. Par contre 14 suspects sont sous les verrous dans l’attentat a la bombe sur le domicile de Salim el –Khoury, qui avait suscite les manifestations.<o:p></o:p>

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    -28 septembre 1951 :<o:p></o:p>

    Damas refuse de livrer les membres recherches du PPS.<o:p></o:p>

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    -23 octobre 1951 : Police contre etudiants : 24 blesses :<o:p></o:p>

    17 etudiants et 7 gendarmes sont blesses dans des affrontements lors de manifestations de soutien a l’Egypte, en conflit avec la Grande-Bretagne. Le gouvernement avait interdit la manifestation.<o:p></o:p>

    Les chocs se sont produits pres de l’Universite Americaine ou les forces de l’ordre userent de matraques et de crosses contre les manifestants qui se defensirent a coups de pierres et avec les hampes des calicots. Cernes, des agents durent tirer en l’air pour se degager. Sur les 17 etudiants blesses, un seul le fut par balle.<o:p></o:p>

    Face a des critiques de deputes, Yafi declare avoir interdit la manifestation car « des elements seditieux comptaient la detourner de son but ». Il affirme que les gendarmes ont tire en l’air pour se degager, soulignant qu’au Caire meme, la police s’etait opposee aux manifestants.<o:p></o:p>

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    -26 octobre 1951 : Plus de guerre avec l’Allemagne :<o:p></o:p>

    Le gouvernement transmet a la Chambre un projet de loi mettant fin a l’etat de guerre avec l’Allemagne, declare en 1945. Cela doit permettre un accord commercial avec ce pays.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -29 octobre 1951 : Defense commune avec l’Ouest : Beyrouth tergiverse :<o:p></o:p>

    Un Conseil de gouvernement elargi, convoque par le chef de l’Etat pour repondre a une note soumise par les Trois Occidentaux et la Turquie et relancant le projet de defense commune du Moyen-Orient, opte pour l’attentisme. Le communique publie au terme de la reunion, dit que « les personnes presentes ont echange leurs avis et estime necessaire que le gouvernement poursuive ses consultations avant de se reunir a nouveau » pour se prononcer sur le projet.<o:p></o:p>

    Bechara el –Khoury avait reuni le gouvernement et son chef, le president du Legislatif, les anciens presidents du Conseil et de la Chambre, les anciens ministres des Affaires Etrangeres et de la Defense et le president de la commission parlementaire des Affaires Etrangeres. Etaient donc presents Abdallah el –Yafi, Ahmad el –Assaad, Alfred Naccache, Charles Helou, Philippe Takla, Rachid Baydoun, Sabri Hamade, Habib Abi –Chahla, Sami el –Solh, Saadi Mounla, Hussein Oueyni, Magid Arslane, Camille Chamoun, Hamid Frangieh, Henri Pharaon et Saeb Salam.<o:p></o:p>

    La question du projet de defense commune avait ete brutalement relancee a la suite de l’exasperation de la crise entre Le Caire et Londres. Le 7 octobre, l’Egypte abrogeait le traite anglo-egyptien de 1936 et celui de 1899 sur un contrôle anglo-egyptien du Soudan. Ce pays est rattache a l’Egypte dont le souverain porte le 15 le titre de roi d’Egypte et du Soudan. Or cette crise risque d’affaiblir le dispositif militaire britannique en Egypte. L’Ouest s’emeut et Washington propose au Caire de devenir avec la Turquie les piliers de la defense occidentale au Proche-Orient.<o:p></o:p>

    Le 13, les occidentaux et la Turquie remettent aux pays arabes et a Israel une note annoncant leur intention, en cas de guerre mondiale, de defendre le Proche-Orient et souhaitant la cooperation des pays arabes et de l’Egypte en particulier.<o:p></o:p>

    Le 16, Le Caire refuse la note americaine et exige que Londres reconnaisse au prealable la fin des traites. Des chocs sanglants se produisent entre nationalistes egyptiens et britanniques. Damas, Beyrouth et Ryad sont tirailles entre leur volonte de ne pas lacher l’Egypte et leur souci de ne pas tourner le dos aux occidentaux. Or ces derniers reviennent a la charge et annoncent leur decision d’appliquer leur plan de defense collective regionale, avec ou sans l’Egypte.<o:p></o:p>

    Beyrouth opte dans ce contexte pour l’attentisme, esperant que les delegues arabes a la session des Nations –Unies de novembre a Paris unifieront leurs positions. L’Irak et la Jordanie sont en effet pour le plan occidental, l’Egypte y est opposee, l’Arabie Saoudite l’appuie mais sous conditions, de meme que la Syrie dont le gouvernement n’ose pas le dire publiquement.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -20 novembre 1951 : Les deputes refusent de se prononcer sur le plan de defense commune des Quatre :<o:p></o:p>

    Saisie du projet de defense conjointe du Moyen-Orient, soumis par les trois Occidentaux et la Turquie, la Chambre refuse de se prononcer et ajourne sine die ses debats.<o:p></o:p>

    Abdallah el –Yafi avait refuse de prendre position sur ce sujet sans consultations avec les pays arabes de la Ligue et son attentisme irritait Le Caire. Or, reunis a Paris pour l’Assemblee Generale de l’ONU, ces pays ne se sont pas entendus sur une position unifiee. Face au projet de defense commune, les positions du Liban sont les suivantes :<o:p></o:p>

    -Gouvernement : alignement sur une position arabe unifiee.<o:p></o:p>

    -Phalanges : oui mais dans le respect de la souverainete du pays et sans troupes etrangeres.<o:p></o:p>

    -Nidaa al –Kaoumi : non car le projet porte atteinte a la souverainete des Etats arabes.<o:p></o:p>

    -PPS : ni Ouest ni Est, mais troisieme force, neutre.<o:p></o:p>

    Les deputes ne voulaient pas aller a gauche. Ils ne pouvaient pas aller a droite, la Palestine et l’Egypte placant les arabes en porte-a-faux avec l’Occident. Ils ne croient pas au neutralisme. Ils refusent donc de se prononcer.<o:p></o:p>

    Le 5 du mois, le Premier ministre jordanien Toufic Aboul –Houda avait remis au chef de l’Etat un message du roi Talal qui, faisant etat de contacts avec Londres, indiquait que les occidentaux se contenteraient au stade actuel d’un non-refus arabe du plan, faute de pouvoir obtenir son acceptation formelle.<o:p></o:p>

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    -24 novembre 1951 : 715 repris de justice en fuite :<o:p></o:p>

    Selon le ministere de l’Interieur, 715 personnes recherchees par la justice sont en fuite. Il s’agit surtout de membres de tribus du Akkar ou regne le banditisme et dont les habitants ont demande le 16 a etre autorises a s’armer pour lutter contre les Jaafar qui le 19, ont tue un berger et vole 200 moutons. L’armee entame des expeditions punitives pour mettre un terme au banditisme et procede a l’arrestation de 20 des 715 repris de justice en fuite.<o:p></o:p>

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    -1er janvier 1952 : Inauguration de la nouvelle Ecole Militaire :<o:p></o:p>

    Le chef de l’Etat inaugure les nouveaux batiments de l’Ecole Militaire, amenages a Fayadiyeh et devoile un monument eleve a la memoire des officiers tombes au combat. Puis il visite les installations de l’Ecole en compagnie d’Ahmad el –Assaad, chef du Legislatif, du president du Conseil, Abdallah el –Yafi, du ministre de la Defense, Rachid Baydoun, de Magid Arslane qui occupait ce poste, et du general Fouad Chehab. Un grand banquet en compagnie des eleves-officiers clot la ceremonie.<o:p></o:p>

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    -26 janvier 1952 : Police contre etudiants : 41 blesses :<o:p></o:p>

    La police charge des etudiants qui manifestent en faveur des detenus politiques en Syrie et contre le pouvoir militaire a Damas : 41 blesses dont 21 gendarmes.<o:p></o:p>

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    -15 avril 1952 : La Chambre defend les officiers israelites :<o:p></o:p>

    Relancant a la Chambre sa campagne contre les juifs libanais, le depute du Chouf, Emile Boustany, propose une motion visant a ecarter de l’armee les officiers de confession juive. La motion est repoussee et dans un article que publie Al Anbaa, organe du PSP, Kamal Joumblatt se declare oppose aux theses de Boustany, pourtant son allie au sein du Front Socialiste et National (FSN).<o:p></o:p>

    D’attaquant, Boustany devient attaque lorsque le journal Nidaa al Watan l’accuse d’avoir vendu du petrole aux israeliens par le canal d’un marche avec le Qatar. Le 24, la Chambre est saisie d’une plainte de Boustany contre Elias Ghoryafi, directeur du quotidien. Une commission est chargee d’enqueter sur l’accusation.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -22 avril 1952 :<o:p></o:p>

    Cinq unites de la 6e Flotte US mouillent a Beyrouth.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -27 avril 1952 : Le domicile de Hamade brule :<o:p></o:p>

    Les habitants de Brital pillent et brulent a Hezzine (Hermel) la residence de Sabri Hamade pour venger un des leurs abattu par le gardien d’une ferme de Hamade. L’armee s’interpose et des mandats d’arret sont lances contre les assaillants qui ont pris le maquis. Hamade refuse toute poursuite judiciaire et parvient a mettre un terme a la tension dans la region.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -2 mai 1952 : L’armee fait echouer une greve au telephone :<o:p></o:p>

    L’armee assure le service du telephone dont les employes se sont mis en greve. Employes journaliers, ils reclament le statut de fonctionnaires de l’Etat et les avantages accordes a ces derniers.<o:p></o:p>

    La prise en charge du service par les militaires et la menace du ministre des PTT de licencier tout employe s’absentant sans raison abouttissent a la reprise du travail le lendemain. 24 employes licencies sont reintegres a la fin du mois. Mais la tension sociale persiste puisque les employes du DHP sont aussi en greve depuis le 2. Ils ne reprendront le travail que le 21 apres avoir obtenu partiellement satisfaction. Traitant avec ironie la situation tendue sur le front social, Le Jour publie le 3 l’Agenda des greves a venir.<o:p></o:p>

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    -27 mai 1952 : Criminalite : le directeur de la Police demissionne :<o:p></o:p>

    Une vague de criminalite qui deferle depuis un mois sur le pays, inquiete l’opinion, soumet le gouvernement a de vives critiques et entraine la demission du directeur de la Police, Nasser Raad.<o:p></o:p>

    Le 1er du mois, le chef du poste de gendarmerie de Chekka est enleve par des inconnus qui ne le liberent que 10 jours plus tard. Le 20, Fouad Badaoui, proprietaire d’Al Wijdane, est agresse. Le 21, Mohammed el –Khaled, oncle de Sleiman el –Ali, est abattu a Tripoli. Le 23, Toufic Metni, proprietaire du Tayyar, est matraque par des inconnus. Il avait publie un article de Joumblatt rendant Salim el –Khoury, frere du chef de l’Etat, responsable du desordre general. Le 25, au souk des fripiers, un boutiquier assassine en plein jour un confrere. Le meme jour, des hommes masques abattent chez lui a Enfe Gabriel Dreik, chef regional d’un groupe politique, matraquent ses visiteurs et se retirent.<o:p></o:p>

    Le 26, le directeur de la Police, Nasser Raad, demissionne, n’ayant pas ete autorise a perquisitionner le domicile de Henri Pharaon.<o:p></o:p>

    La police chome :<o:p></o:p>

    Denoncant cette situation, Le Jour ecrit qu’a « plusieurs reprises, nous avons consigne les extravagantes assurances donnees par les dirigeants en ce qui concerne la repression du port d’armes et le desarmement de la population. Les tueurs professionnels continuent a exercer impunement leur metier. Ce ne sont pas les foudres verbales qui arriveront a freiner leurs penchants sanguinaires. Les mœurs de la jungle, en faveur au Hermel, et autres fiefs de tribus refractaires, se sont implantees dans la capitale ».<o:p></o:p>

    Le Jour signale qu’apres l’assassinat du 25 au souk des fripiers, son reporter s’adressa au siege de la Police, Place des Canons, a 100 m du lieu du crime, pour avoir des details. Il lui fut repondu que « samedi apres-midi, il est non indique de deranger quiconque pour ce genre d’affaire, les services chomant jusqu'à lundi ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -30 mai 1952 : Premieres escadrilles dans le ciel de Rayak :<o:p></o:p>

    Le premier noyau de l’Armee de l’Air vient d’etre constitue a Rayak ou le general Fouas Chehab, quelques officiers et un public restreint voient evoluer les premieres escadrilles nationales, composees de 17 appareils de reconnaissance, bombardement et entrainement, d’origines diverses et datant d’avant la guerre. Ils sont destines a former les pilotes des futurs avions a reaction. Le chef de l’armee a remis des prix aux pilotes Rene Abdallah, Hassan Badaoui, Michel Naufal, Izzat Hariri et Jean Ayoub, dont certains iront s’entrainer en Grande-Bretagne sur des avions modernes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -2 juin 1952 : On recommence a saisir…des canifs :<o:p></o:p>

    Des le matin, passants, passagers des voitures et clients des cafes sont soumis a une fouille systematique par des gendarmes qui ont etabli des barrages volants ou fixes aux entrees de la capitale. C’est le debut d’une campagne qui se veut de desarmement que le gouvernement a lancee pour apaiser une opinion publique alarmee par la hausse de la criminalite. Mais on ironise dans la presse sur « la reprise des recherches de canifs pendant que le ministere de l’Interieur continue a delivrer tous les jours des permis de port d’armes ».<o:p></o:p>

    Determine neanmoins a decourager les criminels en puissance, le gouvernement fait pendre deux condamnes a mort sur l’esplanade du Palais de Justice, le 14 puis le 21.<o:p></o:p>

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    -6 juin 1952 : Creation des Forces de Securite Interieure :<o:p></o:p>

    La Gendarmerie et la Police sont groupees par decret au sein d’un organisme baptise Forces de Securite Interieure (FSI) dont le commandement est confie au colonel Noureddine Rifai, qui etait administrateur de la Bekaa. Le commandant Simon Zouein devient chef de la Gendarmerie et Izzat Khourchid celui de la Police a la place de Nasser Raad demissionnaire.<o:p></o:p>

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    -29 juin 1952 : Combats au Metn :<o:p></o:p>

    Des habitants de Kfarselouane attaquent Jouar al –Houaz et se heurtent aux gendarmes. La fusillade qui dure toute la journee fait 3 tues parmi les assaillants et 2 blesses chez les gendarmes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    -24 juillet 1952 : Oui a des gardes-cotes :<o:p></o:p>

    Le gouvernement donne son accord a un projet du ministere de la Defense dotant le pays d’une flottille de garde-cotes destines a lutter contre la contrebande. Le 16, un avion militaire d’entrainement s’etait ecrase pres de Beiteddine causant la mort du lieutenant Jean Ayoub et de son eleve.<o:p></o:p>

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    -31 juillet 1952 : Batailles, attentats et crimes :<o:p></o:p>

    Dans le cadre d’une vendetta, la localite de Sfayre au Liban –Nord est le theatre d’une bataille rangee entre les Harmouche et les Agha. Trois hommes sont tues et 4 femmes blessees. Des renforts militaires sont depeches.<o:p></o:p>

    Le 6, deux syriennes sont tuees a Broummana par Michel Achkar et son frere qui sont arretes. Le 9 a Achrafieh, une femme egorge sa sœur pour l’empecher de vendre sa part de leur appartement. Le 15, le depute Bachir Osman echappe a des coups de feu.<o:p></o:p>

    Le 21, Place des Canons, un sourd-muet, singe par un passant, tue l’homme qui le ridiculisait. Le 23, un seminariste est poignarde et un moine tue a coups de barre a Ghosta. Les agresseurs ne sont pas identifies.<o:p></o:p>

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    -1er aout 1952 : Mountbatten revient :<o:p></o:p>

    Le commandant de la flotte de la Mediterranee, Lord Mountbatten, relance a Beyrouth ou il est venu en 1950, le plan occidental de defense commune du Moyen-Orient, redevenu d’actualite apres la chute de la monarchie en Egypte.<o:p></o:p>

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    -8 septembre 1952 :<o:p></o:p>

    Demission de Magid Arslane, ministre de la Defense.<o:p></o:p>

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    -18 septembre 1952 : L’appel du general Chehab :<o:p></o:p>

    Le general Chehab annonce dans un appel  la population qu’il a pris le pouvoir dans les formes constitutionnelles en qualite de president du Conseil. « Le Conseil des ministres assumera les fonctions du President de la Republique, conformement a l’article 62 de la Constitution libanaise, jusqu'à ce que la Chambre des deputes ait procede a l’election du President de la Republique qui prendra possession de ses fonctions conformement a la Constitution, dans le plus bref delai.<o:p></o:p>

    J’exhorte les libanais a conserver un calme absolu, a rester fraternellement unis, a s’abstenir de toute manifestation de quelque nature qu’elle soit, parce qu’elle serait susceptible de troubler l’ordre public et de briser les liens de cette patrie qui nous est sacree a tous ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    (Joseph G. Chamy ; Le memorial du Liban, 1943-1952 ; Le Mandat Bechara el –Khoury)<o:p></o:p>


  • Commentaires

    1
    Kheireddine
    Lundi 11 Mai 2009 à 16:39
    Votre blog est tr?int?ssant, comme quoi les probl?s avaient commenc?mm?atement apr?l'ind?ndance...
    Je ne savais pas qu'il y avait eu des incidents aux obs?e de mon grand-p? le 10 mai 1947.
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